GILLES VINCENT
EDITIONS JIGAL
Elle est revenue !! Mon héroïne préférée, ma commissaire fétiche!
Un corps bâti dans le roc enfermant un cœur de feu, d'une féminité flamboyante et d'une fragilité intérieure qui vous fait rendre les armes au plus dur des rebelles. Cette sacrée bonne femme , c'est Aïcha Sadia, commissaire de police officiant à Marseille.
J'avais fait sa découverte dans l'excellent PARJURES de Gilles Vincent. A l' époque je l'avoue, j'étais tombé sous le charme de la donzelle !
Elle est donc de retour dans le dernier roman de cet écrivain à l'avenir prometteur. C'est d'ailleurs pour cette raison que je ne lui tiendrai pas rigueur de ne pas lui avoir donné cette fois ci le rôle principal de son roman " Beso de la muerte" , d'autant que celui ci est, à mon sens, encore meilleur que le précédent.
Cette fois ci Gilles Vincent nous embarque dans une intrigue tortueuse qui va nous ramener
dans un passé fait de tumultes, de sang et de larmes.
Ce passé, c'est celui de l'Espagne, du temps de la guerre civile, du temps de la conquête du pouvoir par les forces phalangistes.
Mais l'histoire fait parfois des ricochets sur la surface du temps, et les souvenirs qui restent parfois à fleur de présent nous conduisent aussi vers une autre page sanglante, plus récente celle-ci, celle des GAL qui assassinaient les activistes basques sur le sol français dans les années 80.
Quel lien peut-il bien y avoir entre ces deux époques séparées d'une cinquantaine d'années?
C'est bien ce que finira par essayer de comprendre Thomas Roussel, un flic basé à Pau.
Thomas est un homme valdingué par la vie, abîmé par l'existence au point d'avoir un jour mis le canon de son arme dans sa bouche. Il abaissera son flingue et finalement, quelques années plus tard, ayant remonté la pente, il finira par trouver l'équilibre et le bonheur.
Pourtant, le jour même de son mariage un appel téléphonique va le ramener bien malgré lui à cette époque où il n'était plus que le fantôme de lui même.
Au bout du fil, Claire, son ex qui l'avait plaqué quatre plus tôt de manière brutale. Affolée, elle l'appelle au secours. Ayant mis à jour quelque chose d'explosif, sa vie est en péril.
Pas le temps d'en savoir plus, des cris, la communication qui s'interrompe brutalement. Juste le temps d'entendre une dernière fois la voix de Claire hurler un nom, " el capitan".
Thomas va rouler toute la nuit pour Marseille. Mais c'est un cadavre carbonisé abandonné sur les voies ferrées, et Aïcha et son équipe qui l'attendent là bas. Pour Thomas, le coup est rude.
En unissant leur force, en creusant dans le passé de Claire, cette professeur d'Espagnol qui
vouait un culte sans limite au poète Garcia
Lorca assassiné en 36 par les hommes de Franco, Thomas, Aïcha et ses hommes vont essayer de tirer le fil d'une histoire aux ramifications lointaines et plurielles.
Gilles Vincent, incruste à merveille son scénario dans le passé des hommes, rappelant comme d'autres (je pense en particulier à Maurice Gouiran, autre auteur des éditions Jigal) que l'Histoire est un jeu de clair obscur, qui bien souvent cache dans ses replis, des faits qui parfois ressurgissent avec fracas dans notre présent apaisé et bousculent nos certitudes.
Non sans talent, l'auteur parvient à emmener son lecteur dans une aventure passionnante, mêlant avec adresse les différentes facettes historiques de son scénario, tout en
donnant à ses personnages une certaine charge poétique qu' expriment les états d'âmes de ses différents protagonistes.
Un roman assurément mieux aboutit que le précédent qui était déjà très bon, des personnages auxquels on s'attache et que l'on quitte avec regret à la fin du roman, voilà qui donne une idée du plaisir que procure la lecture de ce livre signé Gilles Vincent.
Quant à moi, il me tarde déjà de revoir ma belle Aïcha !
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Je me rappelle quand j'étais collégien. Je me rappelle 1981.
ma vie, à façonner ma sensibilité politique.
A 17 ans il est en prison, là même où mourra Bobby Sands. Il y embrassera la cause de ses compagnons et les rejoindra dans la Rébellion , d'abord à travers la Blanket
protest( refus de porter l'uniforme de prisonnier de droit commun) puis de la Dirty protest ( refus de se laver, étalement des excréments sur les murs des cellules).
sur ces années de lutte et de souffrance.
Etat-Unis. Sam Millar a traversé l'atlantique. Oublié l'IRA, oublié le combat politique. Commence l'autre partie de sa vie, et l'autre moitié du livre. Une vie qui ne manquera pas non plus
de sel. Une vie à chercher une place . Croupier dans un casino illégal, avant d'en devenir un responsable le temps que les affaires périclitent.
davantage à un scénario de roman noir avec une forte dose de rocambolesque.
Sans doute moins forte émotionnellement elle n'en est pas moins importante car c'est elle qui finira par conduire Sam Millar sur le chemin de l'écriture.
installé dans votre fauteuil, que quelque part, assis lui aussi
dans son canapé, entouré de sa famille, un tueur que la justice n'a jamais su prendre dans ses filets, peut lui aussi regarder la même émission que vous?
19
ans que le coupable court toujours. Et le temps de la souffrance et du souvenir qui se rapproche inexorablement de celui de la prescription et de l'injustice.
et avec eux les interrogations, les questions sans réponses, les
doutes, et les soupçons.
Toujours est il que les femmes respectives de ces quatre hommes ont toutes des raisons de douter, ce qui crée au fil du livre une tension qui mettra progressivement à jour les
parts d'ombres de chacun et alimentera un dégoût particulièrement corrosif qui viendra à bout des dernieres réticences à croire l'impensable pour l'une d'entre elle.
Bon d'abord un aveux ! Jusqu'ici je n'avais jamais lu de ma vie une seule aventure du Poulpe !
Gabriel Lecouvreure , dit Le Poulpe.
Pour Gabriel, c'est le choc ! Au point d'en tomber de sa chaise direction l'hôpital. Mais Il ne faut pas longtemps à notre homme pour retrouver ses moyens et décider
d'aller voir sur place ce qu'il en est vraiment. Car paradoxalement, notre Poulpe à de la truffe ! Et il sent bien que tout ca à l'air bien suspect.
Il y a comme çà des auteurs, dont il suffit d'entendre le nom pour se précipiter chez son libraire et acheter son dernier livre les yeux fermés
sans trop se poser de questions.
nouveau la famille Coughlin. Mais si nous avions laissé Danny
Coughlin à son destin de flic désenchanté qui finit par quitter la ville pour fuir sa corruption et s'affranchir de l'omniprésence de son père, c'est sur celui de son frère cadet, Jo, que s'ouvre
« Ils vivent la nuit ».
Pourtant, c'est bien en braquant le bar clandestin d'Albert White, un parrain local, et en tombant amoureux de sa maîtresse, Emma Gould, qu'il va précipiter son destin et s'écrire une autre
histoire.
sur l'histoire de cette ville de Boston durant la première
moitié du XXème siècle, qui condense si parfaitement celle des Etat Unis.
Si les dimensions sociales et raciales sont toujours présentes comme dans "un pays à l'Aube" ce second volet de cette fresque magistrale, est un peu plus
intimiste.
tout le courage qui fut le sien du temps de sa splendeur.
