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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 16:07

a-minuitMM

 

" A minuit, les chiens cessent d'aboyer"  de Michaël MOSLONKA

Editions du Rifle, collection Rifle noir.

 

 

Auchel, en Artois, dans le Nord pas de Calais. Une ville, une région, peu enclines à défrayer la chronique et à rivaliser avec les frasques criminelles et judiciaires de la capitale. Pourtant, c’est dans cette petite commune qu’un meurtre est perpétré sur un parking  au  vu et au su des clients d’un Mac Donald. Un cadavre qui fait tâche dans le décor propret du temple de l’art culinaire américain !

 

Et ce cadavre allongé sur le dos, les bras en croix, le torse gravé d’une croix gammée et des lettres F.D.L., ne sent pas bon du tout. L’inspecteur David BLACKE dépêché sur place  flaire tout de suite le sac d’embrouilles. En effet la victime s’avère  rapidement moins sympathique qu’il n’y paraît, puisque celle-ci semble être à l’origine de la création d’un groupuscule raciste,  émanation française  d’une organisation installée outre-manche.

 

Flanqué d’une coéquipière qu’il ne ménage pas de ses remarques acerbes et qu’il aurait préféré voir rester au bureau plutôt que de l’avoir dans ses pattes, Blacke va entamer une enquête pour laquelle il ne manifeste pas  au début une grande détermination. Il n’a que peu de considération pour ses congénères en général, et  pour des abrutis racistes en particulier, du genre de ce Dylan Druelles , la victime.

 

 Il faudra toute la détermination de sa coéquipière Amélie Laribi ,pour ramener Blacke sur l’enquête, et un second assassinat pour relancer l’affaire. Car la seconde victime, si elle était inconnue des services de police, s’avère avoir été particulièrement active  dans la diffusion d’une propagande xénophobe sur la Toile. Visiblement quelqu’un a décidé de faire rendre gorge à ce genre d’individus sur Auchelle.

 

De fausses pistes en suspect introuvable, Blacke se démène dans l’univers  du racisme ordinaire, qui glisse parfois ses racines  jusque sur les comptoirs de café, comme celui du « Joker » , dont le patron et certains consommateurs commencent à intéresser un journaliste d’abord, et notre policier ensuite. D’un simple fait divers, l’affaire va progressivement prendre de l’ampleur jusqu’au bouquet final particulièrement explosif.

 

Mickaël Moslonka, nous campe avec  le flic David BLACKE, un ours mal léché, misogyne, qui ne respecte pas les codes, qui fait fi de l’autorité et des convenances. Car c’est un homme blasé, qui ne supporte ni l’imbécilité, ni la médiocrité des gens qui l’entourent et de cette société qu’il voit remplie de moutons écervelés. Il ne rentrera jamais dans la petite case dans laquelle on souhaiterait le faire rentrer. Seul son plafond, quand il est allongé sur son lit, lui sert de réceptacle à ses questionnements et ses pensées. Celui-ci a l’avantage de ne pas lui répondre.

 

Et pour couronner le tout il y a ses chiens qui ne cessent d’aboyer  et qui quotidiennement le tourmentent.

 

A priori ce David BLACKE est donc un personnage auquel on a du mal à s’attacher, à  trouver sympathique , tant il peut être bourru et cynique ( A priori , car sa collègue saura deviner malgré tout, que chez ce flic, bat encore un coeur qui ne s'est pas totalement transformé en pierre). Pour autant c’est sans doute ce qui en fait sa force et sa singularité, car lorsqu’il projette son fiel à la figure d’un supérieur ou qu’il dénonce les travers de ses contemporains, le passage peut s’avérer particulièrement  croustillant pour le lecteur.

 

Dommage cependant ( et c’est là que réside ma principale réserve concernant ce roman) que ces traits de caractère du personnage  soient un peu  trop forcés à mon goût. Tout est quasiment prétexte à Blacke pour délivrer une phrase acerbe ou une opinion, une pensée au vitriol. Et la fréquence trop rapprochée  de ce genre de réflexions incisives  en diminue, je pense, leur effet  percutant. Dommage donc, car l’auteur n’a pas son pareil pour décocher des coups de plumes tranchants au détour de ses phrases.

 

Mickaël Moslonka est un écrivain touche à tout. S’il publie là son premier polar, il a déjà  écrit plusieurs ouvrages, notamment dans le domaine de la littérature sentimentale ou de la jeunesse ( lien du blog de l'auteur link).Il est aussi poéte et novelliste, et s’investie dans le domaine associatif.  Pour avoir pu échanger un peu avec lui, c’est aussi quelqu’un  de fort intéressant , sympathique, et que je devine très attachant, ce qui ne gâche rien !

 

Enfin, je ne voudrai pas terminer ce billet en précisant que le roman de Mickaël Molonska est publié aux Editions du Rifles , dans la collection «  Rifle noir », une toute jeune maison d’édition qui en matière de polar à pour ligne éditoriale de publier des romans qui s’inscrivent dans le paysage régional.

 

Blog des éditions du Rifle : link



 

 

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Published by Eskalion - dans Auteurs Français

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