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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 18:41

 

9782070307234

 

Cela faisait trois ans que ce roman attendait dans ma bibliothèque que je l’ouvre à ma lecture.


Pour l’anecdote  c’est en parcourant les premières pages du dernier roman de CONNELLY que je me suis décidé à  lire « Le dernier baiser » (initialement édité en France en 1980 sous le titre « Le chien ivre »). En effet, Connelly  rendait hommage à James Crumley pour l’avoir écrit. Un hommage en forme de promesse faite au lecteur de découvrir un grand livre .

 

C.W Sughure est détective privé. Il s’est spécialisé dans la recherche de jeunes fugueurs.  Un travail pas très passionnant, mais qu’il connait bien et qui lui permets de se payer des plongées  sous la ligne de flottaison des glaçons de son verre de whisky, quand il est accoudé aux bars qu’ils croisent sur sa route.

 

Et des bars, Sughure va en visiter plus d’un au cours de ses pérégrinations, à la recherche d’un mari écrivain envolé, que la  femme de ce dernier lui demande de retrouver et de ramener.

 

Quand enfin il lui remet la main dessus, un petit séjour à l’hôpital s’impose pour celui-ci. Le temps de la convalescence, notre détective s’en retourne au bar de Rosie, où la chasse à l’écrivain avait pris fin quelques heures plus tôt dans des conditions un peu tumultueuses, histoire d’écluser quelques verres et d’y faire mourir le temps.

 

C’est là, au cours de la discussion que Rosie va demander à Sughure de fouiner à droite à gauche pour retrouver sa fille disparue. Sughure accepte, sans trop y croire, la piste étant froide depuis plus de 10 ans !

 

James Crumley c’est d’abord une écriture,  un style vraiment unique. Sa plume, trempée dans l’encre d’un humour caustique, dresse  les contours des lieux , plante en quelques mots les atmosphères avant d’y faire évoluer des personnages abîmés , gueules cassées et loosers sublimes,  qui  tentent de survivre en s’accrochant à la mélancolie de leur existence.

 

« Pas besoin de te dire ce que ca donne, vu de près. Je suppose que tu sais. Mais je me suis forcé à regarder. Je me suis forcé à pas flancher. Et après ca j’ai su ce que c’était, la guerre. Ca n’avait rien à voir avec la politique, ni avec la survie ni rien de ces conneries là. C’était juste tuer sans flancher, vivre sans flancher(…) C’est comme ca que j’ai vécu depuis cette nuit là. Et c’est bien ça le drame. Quand on est plus capable de flancher, autant être mort. »

 

Crumley a le soucis du détail, du mot juste. Aucune dépense narrative inutile. Chaque mot, chaque phrase de son roman est une pièce de l’édifice qui ne manquerait pas de s’écrouler si on en retirait qu’une seule.  Son écriture est unique. On lirait presque du Crumley juste pour le plaisir de faire courir ses yeux sur la poésie de sa narration.

 

«Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne, il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le cœur d'une superbe journée de printemps.


Et si vous cherchez dans le «  dernier baiser » une histoire faite d’actions, de rebondissements, de suspens haletant, et d’hémoglobine au litre, alors il vaudrait mieux que vous passiez votre chemin. Car ici l’histoire s’efface presque devant les personnages, taillés à la plume, dans le moindre détail.

 

A commencer par ce bouledogue alcoolique, qui sera trimballé à droite à gauche, se prendra une balle dans bide, et qui, devenu momentanément infirme, aura la descence de se cacher derrière un buisson pour faire ses besoins, afin masquer le fait qu’il n’est plus en capacité de lever la patte !

 

Un chien plus souvent ivre que sobre, comme le reste des personnages de ce roman, et qui connaîtra le choc des cultures le jour où il découvrira la bière japonaise.

 

Si l’histoire en elle-même ne me laissera pas un souvenir impérissable (mais là ne reside pas l’essentiel) , nul doute par contre que les personnages que j’ai croisés au fil des pages reviendront  souvent dans mes souvenirs de lecteur.

Quant à James Crumley, celui-ci s’en est allé un beau jour de septembre 2008.

Bibliographie :


- Un pour marquer la cadence

- Fausse piste

- Le dernier baiser

- La danse de l'ours

- Le tir aux pigeons

- Putes et autres récits

- Le Canard siffleur mexicain

- Les serpents de la frontière

- Le bandit mexicain et le cochon

- La dernière contrée

 

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