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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 21:02

ROGER JON ELLORY

EDITIONS SONATINE

 

traduction: FABRICE POINTEAU

 

Les anges de new yorkRentrer dans l’histoire des « anges de New York », le dernier roman de R.J. ELLORY c’est un peu comme si vous marchiez pied nus dans une pièce mal éclairée.

 

Que soudain vous compreniez que vous venez de mettre le pied dans quelque chose de froid  de visqueux et  d’épais.Que vous baissiez le regard et  constatiez que vous êtes au milieu d’une marre de sang. Vous ne bougez plus et voyez ce sang imbiber progressivement votre jean. Vous vous imprégnez de lui, malgré vous.


La vie d’un inspecteur du NYPD c’est un peu ca aussi. Débuter avec son arme de service, son insigne et sa soif de justice, son souci d’aider ses concitoyens et  les protéger. Et se confronter à la vie.A cette réalité parfois terriblement plus violente que toutes les fictions imaginées par la littérature ou le cinéma.Et ne plus être le même.


Une plongée dans le morbide, le noir absolu, une descente dans l’abime de l’humanité qui progressivement, à son contact, va imprégner sa vie professionnelle, puis contaminer insidieusement sa vie personnelle jusqu’à la disloquer. Un poison qui le ronge de l’intérieur et l’éloigne du commun des mortels qui lui  n’a pas vu,  ne sait pas.


Frank Parish est de ces hommes qui ont vu l’immonde. De ce, dont le regard s’est vidébadge 026 progressivement des couleurs du monde pour ne voir que la noirceur d’une société dans laquelle il patauge. De ces flics qui voient un jeune égorger sa petite amie dans une baignoire avant de se couper lui-même la carotide, et qui doivent continuer à donner le change auprès des leurs et garder un sens à leur boulot. Et vivre avec des ombres…


« les ombres ne sont que des ombres, elles ne peuvent pas nous faire de mal tant qu’on ne les prend pas pour autre chose. Mais quand on commence à le faire…eh bien, on finit par leur donner des dents et des griffes, et alors elles finissent par nous avoir… »


Mais Frank Parish, vit aussi avec un fantôme. Celui de son père. Un illustre policier abattu en pleine rue seize ans plus tôt. Une de ces figures qui ont construit la légende du NYPD , « un ange de New York » comme avait été surnommés les membres de l’équipe qui avait participer à libérer la ville de l’emprise de la mafia dans les années 80. Un homme respecté dont le souvenir perdure dans la mémoire collective de la police new yorkaise.


Sauf que Frank lui, déteste ce père dont la mort fut une délivrance. Car il sait mieux que personne qu’il n’était pas celui qu'il prétendait être, que son père s’était vendu à la mafia, qu’il avait du sang sur les mains et qu’il avait foulé au pied son honneur de policier.


streets of new york-2560x1440Difficile pour lui alors de vivre avec ce poids qui coule son présent dans le béton du passé, et avec  la réalité d’une vie où sa femme a divorcé, ses enfants s’éloignent de lui , à moins que ce ne soit l’inverse, où son coéquipier  vient de se faire tuer lors d’une intervention.Une vie qui ne lui offre plus qu’un futur sans avenir.


Frank Parish est au bord de la rupture. Sa hiérarchie l’a dans le collimateur. Au point que son permis lui a été retiré, que son salaire est amputé, et qu’on l’oblige à voir une psy qu’il consulte quasiment tous les jours. Mais son seul réconfort, c’est auprès d’Eve qu’il le trouve. Une escort-girl qui le recueille quand les choses deviennent trop dures. Et quand il ne peut la voir, c’est la bouteille qui lui tient lieu de compagne d’infortune.


Il ne lui reste que son boulot, comme un point de fixation, un repère dans une vie à la dérive.


Avec Redick, son nouveau coéquipier, ils enquêtent sur des affaires banales. Un dealergtfr assassiné en pleine rue, un type projeté sous les roues d’un métro,  une jeune fille de 16 ans retrouvée morte sur le lit de son frère, étranglée.


Pourtant cette dernière affaire va retenir l’attention de Frank. Et quand le corps d’une seconde adolescente est retrouvé, celui-ci est persuadé d’avoir affaire à un tueur en série qui assouvie ses pulsions sexuelles avec de très jeunes filles avant de les assassiner.


Cette enquête va devenir une véritable obsession pour Frank, et va le conduire une nouvelle fois dans  les abysses de la perversité humaine. Mais à danser sur le fil du rasoir il arrive parfois que l’on perde le sens des réalités.


Il était temps que je découvre enfin l’œuvre de Roger Jon ELLORY, pour lequel je ne cesse d’entendre des louanges. Si j’ai ses précédents romans dans ma bibliothèque, si j’avais eu la chance de le rencontrer l’année dernière à Quai du polar à Lyon , je n’avais pas encore franchi la porte de son univers.


019879-new-york-crimeC’est chose faite aujourd’hui et je dois dire que j’ai été particulièrement emballé par ce roman. Certe quelques passages un peu longs en seconde moitié de roman, mais pas de quoi altérer l’impression générale sur le livre.


Ellory a indéniablement le sens de l’écriture  et de la narration. Son style est particulièrement fluide et nous offre une histoire captivante. Certains diront peut être que ce livre est de facture classique. Mais c’est justement ce genre de roman, parfaitement maîtrisé, écrit dans les règles de l’art que l’on aussi envie de lire !


«  Les anges de New York » est un livre sans concession, brutal, et la première scène du livre restera sans doute dans les annales du genre par sa violence.


C’est un hymne formidable à cette ville de New York  qui fascine tant à travers le monde, quiEllory.jpg porte en elle les rêves et les cauchemars d’une société prise de tournis.


Mais au delà de l’histoire qui est narrée, c’est aussi le portrait de ce flic désabusé, de cet homme qui n’arrive plus à communiquer avec les autres, qui donne à ce roman une dimension particulière.

 

Un homme pour qui tout s’écroule mais qui reste droit, et qui se bat pour découvrir une vérité,  avant que le temps n’efface l’existence des victimes les plus faibles, de celles qu’on oublie si facilement. Un homme qui ne veut pas qu’on l’oublie non plus et qui veut rester parmi les vivants, parmi les hommes et qui pour se faire devra accepter de poser un jour son fardeau et d'en faire l'inventaire.

 

Un roman rude, efficace, où la profondeur des personnages donne à ce roman sa puissance et son âme. Un roman dont il serait dommage de passer à coter.

 

_________________________________________________________________________

 

Si vous aimez R.J ELLORY ne manquez surtout pas l'interwiew que l'auteur a bien voulu accorder à mon ami le concierge masqué  : link

 

Enfin , d'autres ont aussi porté un regard sur ce roman.

 

En particulier Jeanne Desaubry :  link

 

L'avis de mimi link

 

L'avis de mon ami Jacques link

 

Celui de mon amie Velda link 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 14:51

   JEFFERY DEAVER

Editions DES 2 TERRES

 

 

Traduction: Jean Esch

 

 

INSTINCT DE SURVIEJe dois avouer que Jeffery DEAVER est un écrivain que je connais peu, donc mal. Bien qu’auteur de nombreux romans, je n’avais lu jusqu’ici qu’un seul d’entre eux, « le désosseur »,  dont l’histoire allait être portée par la suite à l’écran, avec, dans les rôles principaux, Angélina Jolie et Denzel Washington.


Si le film était de facture moyenne, le livre lui m’avait laissé le souvenir d’un très bon moment de lecture. En me plongeant dans «  Instinct de survie », toute la question allait être de savoir si j’allais retrouver dans cette nouvelle rencontre, tout le plaisir qui fut le mien à la première. A voir !


Dans «  Instinct  de survie » J. DAVER abandonne pour un temps ses personnages fétiches qui étaient apparus dans «  le désosseur » justement,  et qui ont égrené  leurs aventures dans plusieurs romans de l’auteur. Ainsi donc,  Lincoln Rhyme et Amelia Sachs font ils cette fois ci place à l’inspectrice Mc Kenzie, femme remariée et mère d’un adolescent,  qui exerce ses fonctions dans un patelin perdu du Wisconsin.


 Et c’est dans cette région que l’auteur va planter le décor d’une course folle, à la vie à la mort, à travers un paysage naturel somptueux, de lac, de forêts et de rivières.


Parce qu’un coup de fil à la police a été brusquement interrompu, l’inspectrice Mc Kenzie qui avait terminé sa journée, se voit contrainte d’aller jeter un œil sur place, dans une propriété isolée au bord d’un lac.


En arrivant sur place, elle découvre une véritable scène d’horreur, puisqu’elle tombe sur les lac.JPGcorps sans vie d’un couple baignant dans leur sang, tué d’une balle dans la tête. 

 

Mais pas le temps d’essayer de comprendre ce qui a pu se passer, les tueurs sont encore sur place, et quand elle s’en rend compte, c’est par miracle qu’elle échappe à ces derniers et s'enfuit dans la forêt, abandonnant derrière elle son arme et son téléphone portable.


Dans les bois elle tombe sur Michelle, une amie du couple abattu et rescapée du massacre, qui avait du sa survie elle aussi qu'à la fuite. Ensemble elles vont unir leurs forces pour échapper aux tueurs lancés à leurs trousses.


Commence alors une course folle à travers la nature pour sauver leur peau.


Ce roman se lit tout seul. Jeffrey DEAVE maitrise parfaitement la recette du page-turner efficace. Le lecteur est pris d’emblée dans un scénario diabolique où des chapitres courts donnent un rythme à l’histoire qui ne lui  laisse pas une seule seconde de répit.


biyugiyu.jpgMieux, alors que la course poursuite dure les trois quart du roman, il parvient malgré tout à  donner une épaisseur à son personnage principal, en intégrant son histoire personnelle à la trame de ce drame annoncé. Ses séquelles personnelles, son remariage, ce fils qu’elle surprotège.


La relation ambigue de Mc Kenzie avec l’un des tueurs, sorte de repulsion-fascination n’est pas sans interêt.


Pourtant, si ce roman recèle tous les ingrédients pour en faire un bon thriller, malheureusement  cela ne suffit pas à en faire un excellent roman. « Instinct de survie » souffre à mon avis d’un trop plein. Trop plein de rebondissements, trop plein de personnages qui se retrouvent dans cette forêt, trop plein de secrets portés par les uns et par les autres.

 

Toute la course poursuite dans les bois est une accumulation de « je t’attrape, tu m’échappes », qui à la longue fini par lasser. Surtout quand vient s’agréger au fur et a mesure qu’on avance dans le roman un nombre de personnages qui rend la forêt aussi fréquentée qu’une discothèque un samedi soir .  Les deux fuyardes récupèreront même sous leur aile une gamine qu’elles arracheront aux griffes de producteurs de crack ! ca c’est pourdeaver la touche émotion .


A cela s’ajoute des tueurs qui sont un peu trop intuitifs , devinant systématiquement le raisonnement et donc les choix de leurs proies, un personnage dont la psychologie va radicalement être différente sur la dernière partie du roman, et une fin qui donne l’impression d’être expédiée, comme si Jeffery DEAVE , au sortir de cette forêt, ne savait plus vraiment que faire de ses personnages.


Au final cela nous donne un roman certes maitrisé, mais qui , au lieu de transporter son lecteur, fini par  lui donner un point de coté et à le perdre au milieu des bois.


Un roman à vous recommander si vous avez du temps à perdre dans un train ou un avion, mais un roman qui ne marquera pas vos souvenir de lecteur au-delà de sa lecture.

 

En partenariat avec:

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 15:06

David CARKEET

 Editions SEUIL

 

 

la peau de l'autreQui n’a pas rêvé de changer de vie ? Qui n’a pas un jour envié la vie d’un autre ? De se mettre dans sa peau pour exister autrement ?

 

Et bien certainement pas Denny Braintree , journaliste obèse , chroniqueur pour une revue dédiée au modélisme ferroviaire,   qui considère le monde comme une aire de jeux et la vie comme une source d’amusement.

 

Pourtant, il arrive parfois  que la vie , au détour d’un virage , vous fasse prendre une direction que vous n’aviez pas souhaitée de prime abord.  En glissant sur la chaussée verglacée et en percutant le terre-plein recouvert de neige, Denny va atterrir bien malgré lui dans la peau d’Homer.

 

Les choses semblait- il, n’avaient pourtant pas changé. Légèrement commotionné, il avait été conduit à l’hôtel du coin, où Betsy la réceptionniste, vielle dame aveugle et avenante, lui avait prêté une chambre pour la nuit. Mieux, une certaine Marge s’était faite entreprenante depuis son arrivée à l’hôtel, n’hésitant pas à pénétrer dans sa chambre pour lui laisser entrevoir une nuit tumultueuse. Si malgré ses 150 kilos il était encore capable de séduire une femme, c’était bien que les choses n’allaient pas si mal que ca !

 

 Bien sûr, il avait été déçu par la suite de constater que la belle s’était envolée le temps qu’ilmodelisme.jpg aille acheter des préservatifs .Mais après tout, on ne gagne pas à tous les coups.

 

Ce n’est que le lendemain, à l’aéroport, que subrepticement  la perspective du film de son existence allait changer d’angle, que la vie de Denny allait se muer en celle d’Homer.

 

Quand il voit deux policiers s’avancer vers lui, il  ignore encore qu’ils sont à sa recherche. Car Marge, la nymphomane vaporeuse a disparu. Tout laisse à penser qu’elle a été victime d’un homicide, balancée par-dessus le balcon de la chambre qu’occupait Denny.

 

  C’est donc un meurtrier qu’ils sont venus serrer. Mais si pour Lance , Denny semble correspondre au portrait qui leur a été dressé de l’occupant de la chambre, Nick , son coéquipier responsable de l’enquête, reconnait en lui une vieille connaissance perdu de vue, son ami Homer Dumpling.

 

Ce bon vieux Homer! Musicien virtuose, capable de réparer n’importe quel instrument de musique, qui était parti trois ans plus tôt sans un mot, sans une explication. Le voilà donc de retour ! Certes sa voix à un peu changé, mais c’est toujours le même !

 

Photos-instruments-3.jpgPlanté comme un aiguillage au milieu d’une voie ferrée, Denny qui a compris la motivation des deux policiers, va donc bifurquer sur ce quiproquo pour s’engager sur les rails de la vie d’Homer. En se réfugiant ainsi dans son existence il évitera de se retrouver au cœur d’une histoire où il aurait  à jouer le mauvais rôle.

 

Mais rentrer dans les pas d’Homer est un jeu d’équilibriste où la chute menace à chaque instant. Ce défi permanent plait cependant à Denny qui trouve un certain plaisir à être toujours sur la brèche et à devoir improviser un scénario qui ne doit pas avoir de failles. Et quand il frôle la catastrophe, il  s’amuse de son sens de la réactivité pour ne pas tomber.

 

Car David Carkeet nous peint un drôle de personnage. Une sorte d’homme enfant, qui auraitCarkeet-JPG du mal à grandir et qui se retrouve de l’autre côté du miroir, dans une autre vie, celle d’un adulte aimé et reconnu quand lui n’a été que raillé tout au long de sa vie.

 

Enfermé dans sa bulle, il regarde la vie avec détachement, comme un spectacle, y puisant juste  l’inspiration d’un  scénario à reproduire dans son univers de modèle réduit, plus réel pour lui que le monde des hommes. Mais ce transfert d’identité va lui révéler une autre facette de lui-même et lui faire prendre conscience que finalement peut être , il y a, lui aussi, une place.

 

David Carkeet nous livre un roman plein d’humour, où les rebondissements ne manquent pas. Auteur déjà de 5 romans, «  La peau de l’autre » est le premier publié en France. Un auteur prometteur dont on attend déjà le prochain roman pour prendre la mesure de son univers romanesque.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 08:57

Megan ABBOTT

Editions DU MASQUE

 

 

 

traduction : Jean ESCH

 

 

 

loungeAprès deux romans publiés en France, Megan ABBOTT  n’est déjà plus à présenter. Ses livres «  Absente » et «  Adieu Gloria » ont rencontré immédiatement leur public  et su séduire les critiques.


 Petit brin de femme très enthousiaste  dans la vie, elle n’en cache pas moins derrière cette apparence frêle, décontractée et débonnaire, un auteur à l’écriture et à l’imagination redoutables. Capable de faire naître par petites touches, une atmosphère, d’infuser en quelques mots une tension qui n’aura de cesse d’aller crescendo, elle a cette capacité extraordinaire à captiver son lecteur, pour le conduire où bon lui semble.


Mais ne nous méprenons pas, Megan ABBOTT n’est pas un auteur de l’action, elle n’écrit pas au marteau et au burin, ne manipule pas la dynamite, ne joue pas sa partition au bruit des balles et des explosions. C’est une ciseleuse de mots, une polisseuse d’idées, un écrivain qui travaille le détail. Son style est sobre et économe. Et c’est cette sobriété, le choix de ces mots choisis avec soin pour intégrer l’écrin de son histoire qui donnent à celle-ci toute sa puissance.


Car nul  besoin de spectaculaire pour être efficace. Avec son art maîtrisé de l’écriture, Megan ABBOTT préfère mettre en avant  la psychologie de ses personnages. Pas d’artifice, la nature humaine dans sa force et ses faiblesses, dans sa réalité et son paraitre. Il en ressort au final un roman entier, plein, chargé d’émotions et percutant.


Avec «  Red room lounge » il encore question de femmes. Et quelles femmes ! Fatales,hq 001 déterminées, douces parfois, dures aussi. Et la plume de Megan ABBOTT de nous rappeler que la femme n’abandonne pas, que c’est un félin qui ne rentre jamais les griffes. Elle affute sa patience quand d’autres aiguisent des lames ou chargent des barillets. Le temps est son allié, la vérité sa détermination, la psychologie son arme de prédilection.


Loara King vit seule avec son frère Bill, dans la maison de leurs parents décédés. Lui est policier, elle enseignante. Une vie bien réglée dans laquelle l’un est l’univers de l’autre tant la complicité qui unit frère et sœur et quasi fusionnelle, au point que le lecteur peut se demander jusqu’où celle-ci pourrait aller.


Pourtant un jour Bill rencontre une femme, Alice, habilleuse dans un studio hollywoodien. C’est le coup de foudre et les noces qui suivent à peine quelques mois plus tard. Pour Lora c’est un chambardement qui s’opère dans sa vie. La voilà obligée de cohabiter avec Alice, même si elle  a pris soin de se trouver un appartement.


Bill est comblé. Les deux femmes de sa vie se comportent comme deux sœurs. Souvent ensemble, partageant tout, préparant les fêtes qu’Alice organise en  son honneur. Lora n’ira-t-elle pas jusqu'à faire embaucher sa belle sœur comme enseignante dans l’établissement où elle exerce ?


buhgPourtant la réalité est tout autre. Un malaise diffus habite Lora au contact d’Alice. Il faut être une femme sans doute, pour saisir sur l’instant, ce que les autres ne voient pas : une absence fugace, une posture qui trouble la réalité et alerte vos sens. Lora devine que quelque chose cloche chez Alice, sent une menace sourde s’approcher de son frère.


Alors elle va creuser le passé d’Alice, ce passé qui se dérobe chaque fois qu’il est évoqué, et va s’enfoncer dans une noirceur sulfureuse qu’elle n’avait pu imaginer.


Il ne manque rien dans ce roman qui voit l’action se situer dans les années 50. Tous les stéréotypes sont réunis : les femmes fatales, les voitures rutilantes, les volutes de fumées, l’alcool, les machos. Ce roman est un film couché sur page.


Et c’est une vraie réussite à plus d’un titre. D’abord parce que c’est un roman féminin. PourDames.jpg une fois l’homme n’occupe pas le devant de la scène.


Ensuite parce que Megann ABBOTT à l’intelligence de ne pas faire de cette confrontation entre ces deux femmes un duel. Bien que sa vie soit chambardée par l’arrivée d’Alice, Lora lui laisse la place d’entrer dans celle de Bill, essaye de s’entendre avec elle. A aucun moment elle n’essaie de reprendre ce qu’elle a perdu par amour.


Ce n’est que lorsqu’elle sentira qu’une menace peut mettre à brève échéance l’équilibre et la vie de son frère en danger qu’elle changera progressivement d’attitude et cherchera à le protéger de ce qu’il ne voit pas, et qu'elle finira par refermer la parenthèse.


A mon sens, tout l’intérêt de ce roman réside  dans ce jeu d’attirance et de répulsion entre ces deux femmes qui représentent deux mondes qui se côtoient sans jamais pouvoir se confondre. Partant d’un gros plan sur la vie de ses personnages, Megan Abbott opère un travelling plus large sur cette Amérique des années 50, partagée entre d’un côté cellepuritaine,  à la vie bien rangée, et celle sulfureuse, de l’industrie du cinéma, du sexe de la drogue et de l’alcool.


MeganAbbott.jpgCe roman est en fait antérieur à ceux déjà publiés en France. Il laisse augurer tout le talent de cette nouvelle plume venu d’outre atlantique et qui allait faire le succès d «  Absente » et «  Adieu Gloria ». Et on attend déjà le suivant avec impatience !


Une fois n’est pas coutume, pour conclure cette chronique,et parce que le hasard fait très bien les choses, vous trouverez en conclusion de ce billet un  lien vers l’interwiew réalisée par mon ami Richard de Megan ABBOTT et publié sur son blog «  Le concierge masqué ».

 

l'interwiew du Concierge masqué ici : link

 

La chronique de mon ami Cynic ici : link

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 17:23

LEWIS SHINER

Editions SONATINE

 

Traduction: FABRICE POINTEAU

 

les péches de nos pèresVoilà un roman qui m’aura permis de terminer l’année 2011 sur une lecture particulièrement passionnante. L’auteur ne vous dira sans doute pas grand-chose, sauf à être un lecteur de Science Fiction, car Lewis Shiner est d’abord un écrivain de ce genre littéraire. Mais son incursion dans le roman noir est plutôt une réussite, et pour une première, c’est une agréable surprise.


 Ancien ouvrier du bâtiment, ancien dessinateur de BD, musicien et donc écrivain, on retrouve dans son roman «  Les péchés de nos pères » certains des ingrédients qui ont fondé sa propre existence.


Ce livre est donc son premier roman noir. Et noir, il l’est profondément puisqu’il plonge le lecteur dans les affres d’une des pages les plus sombres de l’histoire américaine, celle de la ségrégation raciale et de la soumission des noirs américains à la suprématie blanche.


Le père de Michaël se meurt, rongé par un cancer qui chaque jour l’éteint un peu plus. Cela fait des années qu’il n’est pas revenu dans cette ville de Durham qui l’a vu grandir et où sa famille a toujours vécu. Travaillant dans la bande dessinée, il est parti construire sa réussite et bâtir sa vie bien loin de cette ville où plongent ses racines familiales.


Michaël revient donc près de son père avec qui il a tant de mal à communiquer. Mais leshyti derniers souffles de la vie d’un homme peuvent parfois soulever des poussières sombres, accumulées sur les souvenirs d’une existence et mettre à jours des choses qu’on aurait souhaitées qu’elles ne remontent jamais à la surface.


Dès son arrivé l’atmosphère est pesante. Michaël devine que son père à des choses à lui dire, qu’un secret l’empêche de partir en paix. Mais celui-ci reste malgré tout fermé ou évasif. Alors Michael va chercher, près des siens, de ses parents qu’il n’a pas revus depuis des siècles, des anciens collègues de son père, à attraper ce fil de l’histoire qui lui échappe.


Comme quelqu’un qui buterait sur une racine qui effleurerait le sol, Michaël va  finalement trébucher sur les siennes en apprenant qu’il n’est pas né l’année où il est censé l’avoir été. En les mettant progressivement à jour, il découvrira des secrets vieux de plusieurs décennies, qui l’emprisonneront dans la toile d’une histoire qui le dépassera, et dont pourtant il portera la trace dans sa chair et dans son âme.


KKK.jpgMais à remonter le cours de ses origines familiales,  Michaël  devra emprunter bien des méandres. Car ce jeu de piste tortueux va le conduire à un cadavre, enseveli dans les replis de l’histoire de cette cité noire à la pointe de la lutte pour les droits civiques dans l’Amérique de l’après guerre. Ce cadavre c’est celui de Barret Howard, un activiste noir de l’époque, dont on avait fini par croire qu’il était soudainement parti pour le Mexique. Et Michaël de déchirer ce voile de silence qui enserrait la mémoire de son père dans un carcan de culpabilité venimeuse.


La mise à nue de la vérité va alors porter un éclairage cru sur l’histoire familiale qui s’inscrit au burin dans celle de ce quartier de Durham, Hayti, et qui embrasse celle de cette époque marquée de soumission et de luttes émancipatrices.


Lewis Shiner nous livre une fresque qui court sur près d’une quarantaine d’années. Le lecteur suit des tranches de vie des différents personnages.


De Michaël bien sûr, qui à partir  de la recherche d’un secret va finalement se lancer dans ladurham bus quête de sa propre identité. De son père Robert de 1960 à 1970, jeune architecte prometteur, qui côté blanc, face émergée, se consacre à la conception de cette autoroute qui va dévaster le cœur de Durham, et côté noir, face cachée, qui se passionne pour la musique afro-américaine, découvre le vaudou, et se délivre dans un abandon de soi et  une ivresse des sens. De sa mère Ruth enfin, issue d’une famille aisée, dont le père, un des plus gros notables de la région, dirige d’une main de fer ses affaires et orchestre la vie des siens.


Shiner arrive chaque fois à plonger son lecteur dans l’ambiance de l’époque. Truffée d’anecdotes, de petites scènes qui s’agrègent à la trame générale de l’histoire, il finit par dépeindre  la réalité de cette société d’après guerre, violente, raciste et discriminatoire, shooté au développement économique. Une société où une seule goutte de sang africain dans les veines fait de vous un noir, alors qu’une goutte de sang européen ne fait pas de vous un blanc.


gtf.jpgMais sa véritable force, c’est de montrer que la haine se transmet comme un bien de famille, que ce que la société dominante lâche d’une main, elle le reprend d’une autre. Quand elle reflux comme une marée en laissant enfin accessible des droits civiques aux noirs, elle revient plus forte sur la vague du développement économique en emportant tout sur son passage, à l’image de cette autoroute qui dévaste et met à mort le quartier d’Hayti, où de ces multinationales qui vampirisent des terrains où s’entassent les plus pauvres, pour assurer leur propre expansion.


Ce roman est aussi une ode à la culture noire, de ces hommes soumis enfin debout et rebelles, qui ont su faire naitre dans leurs chants et de leurs danses, la petite flamme de l’espoir et de la liberté. Un roman d’où émane une certaine forme de mélancolie, non pas de cette époque révolue dans ce qu’elle avait de plus honteux, mais de cette contre culture  comme un rempart au désespoir.lewis-shiner.jpg


Enfin, c’est aussi une magnifique histoire d’amour, une pièce du puzzle dont Michaël ressentait l’absence, la clé dont il avait besoin pour ouvrir la porte de son passé. Un passé, qui oblige les enfants à assumer les péchés de leurs pères.


Bel exercice que ce premier roman noir qui mêle, ségrégationnisme, lutte pour les droits civiques, meurtre, groupes d’activistes, amour, musique et violence sociale.

 

Gageons que l’auteur renouvelle l’expérience, car il a visiblement toute sa place dans le roman noir !

 

l'avis de K.LIBRE ici : link

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 21:09

David BALDACCI

Editions MICHEL LAFON

 

Traduction: Laure JOANIN


 

divine justiceDisons-le tout de suite. Je ne suis pas habitué à lire ce genre de roman.

 

Plutôt attaché au polar, au roman noir et parfois au thriller, les romans d’aventure qui mêlent espions, agences de renseignements, complots et actions spectaculaires m’étaient jusqu’ici assez rédhibitoires.

 

Alors quand on m’a donné l’occasion de lire le roman de David BADALCCI «  Divine Justice » , c’est avec des a priori sur le genre et une extrême frilosité que je suis rentrer dans ce roman.

 

Et comme dit le proverbe, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idée !

 

Car passé l’appréhension des premières pages, je me suis surpris à me laisser prendre  au piège par cette histoire digne des meilleurs scénarii hollywoodiens.

 

Pour John Carr, plus connu  sous le nom d’Oliver Stone par les services américains auxquels il appartenait, la fuite est devenue  son unique planche de salut. Pour avoir assassiné un haut responsable des services secrets ainsi  que le sénateur de l’Alabama, il a déclenché contre lui la plus incroyable chasse à l’homme à travers tout le territoire américain.

 

Le général Macklin Hayes est à la manœuvre .Il  a juré la perte de John Carr et lâche à la poursuite de l’ex-agent, le meilleur de ses éléments, John Knox. Ce dernier se lance donc sur les traces de cet ennemi de l’ombre, devenu public sur tous les networks du pays. Il s’intéresse à son entourage, et creuse le passé de Carr dans les archives de la CIA contre l’avis du général qui ne veut visiblement pas tout lui dire.

 

C’est comme cela qu’il découvrira que Carr faisait partie d’une escouade de tueurs au service cia2.jpgdu gouvernement, la Triple Six, aujourd’hui démantelée, et qu’à mesure où il en apprend un peu plus sur l’homme qu’il traque, Knox commence à esquisser un autre portrait de celui qu’on lui a présenté comme  un traitre et à comprendre les motivations qui l'ont poussées à perpétrer ces deux meurtres de sang froid.

 

Pour Carr, fuir ne suffit pas, il faut disparaitre. Couper les ponts avec ses amis du Camel Club, pour qu’ils ne se retrouvent pas mêlés à tout ça . Dans le wagon d’un train qui l’emmène loin de la capitale, Carr vient en aide à Dany, un jeune pris à partie par une bande de voyous. En liant sa route à la sienne celui-ci va trouver refuge à Divine, un bled paumé au cœur de la Virginie d’où est originaire Danny.

 

Mais même si dans une petite ville perdue des états unis  les affaires d’états et les complots internationaux n’ont de consistance qu’ à la télévision , le poison de l’argent , la cruauté et la cupidité des hommes ont tôt fait de transformer un havre de tranquillité en enfer où l’on risque sa vie à chaque coin de rue. Pour  vouloir aider Danny et sa mère Abby, Carr va rapidement prendre conscience que son nouveau refuge a tout d’un guêpier dans lequel il s’est fourré ! Et le Diable a décidé de faire une halte à Divine !

 

Pourquoi, alors que jusqu’ici je n’aimais pas ce genre de littérature, ce roman est-il parvenu à me plaire ? Il reprend pourtant bien des clichés éculés, comme celui de la trahison, du complot, de l’agent qui de chasseur devient gibier, de ces hauts responsables sans foi ni loi qui n’hésitent pas à sacrifier des hommes sur l’autel de leurs intérêts particuliers. Alors pourquoi ?

 

Est ce le rythme de l’histoire, particulièrement soutenu et qui ne relâche à aucun moment la tension pour le lecteur. Une histoire fluide qui se déroule au grès des méandres d’un scénario particulièrement bien ficelé ?

 

davidbaldacci.jpgEst-ce la parfaite combinaison entre les deux histoires, la chasse du fugitif pour Knox, la fuite pour Carr, qui s’articulent au mieux l’une à l’autre avant de trouver leur dénouement commun ?

 

Est-ce le style de l’auteur. Plus narratif de l’action que descriptif de l’environnement où elle se déroule ?  L’emploi de chapitres courts et l’alternance systématique des acteurs de cette aventure ?

 

Non, ce qui m’aura véritablement séduit dans ce livre ce sont les personnages. Pour le coup nous sommes bien loin des stéréotypes de l’agent exécutant froidement sa tâche sans réfléchir. Carr qui dans sa volonté à aider Dany et sa mère va retrouver un peu de cette part d’humanité qu’il a laissé derrière lui, en trouvant une cause simple, mais juste à défendre. Knox qui tout en pourchassant sa cible se pose de plus en plus de question sur la finalité de sa mission et commence à ressentir de l’empathie pour celui qu'il pourchasse. Des personnages plus complexes qu’il n’y parait qui donnent à ce roman son épaisseur.

 

Entre affaires d’état et crimes ordinaires, David Badalcci réalise un mariage réussit,  donnant  un roman efficace qui tient son lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

 

Un expérience de lecture que je ne regrette pas !

 

l'avis de mon ami Claude Le Nocher link

 

Le roman est paru le 25 Aout dernier

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Published by La petite souris - dans Auteurs Américains
27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 22:23

658

John VERDON

Editions GRASSET

 

Traduction : Philippe BONNET - Sabine BOULONGNE

 

568Un titre court. Pas un mot, juste un chiffre. Et un auteur inconnu au bataillon. Voilà un roman pour le moins intriguant pour un lecteur.


Habituellement j’attends d’un roman qu’il ait une intrigue bien ficelée, dont le scénario ne présente aucune faille dans  laquelle je pourrai m’engouffrer aisément pour désarticuler celui-ci , une écriture réfléchie et efficace, qui tienne le lecteur en haleine de la première à la dernière page.

 

Dans « 658 » j’ai trouvé toutes ces qualités qui m’ont fait aimer ce livre au point de le dévorer en quelques heures de lecture. Je ne ferai pas de ce roman d’une facture pourtant  assez classique « LE » livre de l’année, mais sans aucun doute un de ceux qu’il convient d’emmener avec soi en vacances histoire de passer un bon moment de détente.

 

David Guerney est un jeune retraité de la police New Yorkaise qui compte à son tableau de chasse quelques uns des plus redoutables tueurs en série qu’ aient sévis au cours des dernières années à New York et dans ses environs.  Arpenter les rues grouillantes de vie, pister les coupables, s’imprégner de l’atmosphère d’une enquête lui manque déjà terriblement et l’adaptation à sa nouvelle vie ne se fait pas aussi simplement qu’il l’avait espéré. Quant à sa femme, satisfaite de l’avoir vu lâcher ce boulot qui lui a dévoré la vie, elle sent le malaise et le met à l'épreuve.

 

Mellery lui, est un ancien alcoolique qui a trouvé sa voie en créant  un centre pour milliardaires dépressifs. A la tête de sa clinique il délivre une bonne parole qui fait de lui gourou plein aux as. Tout va pour le mieux  jusqu’au jour où il reçoit une lettre anonyme qui lui déclare : « Je connais vos secrets, je sais ce que vous avez fait. Je peux lire dans vos pensées. Vous ne me croyez pas ? Je vais vous le prouver ». Et la démonstration qui  s’en suit va glacer Mellery de terreur au point que celui-ci décide de se tourner vers le seul flic qu’il connaisse, David Guerney.

 

L’ex policier reste d’abord assez dubitatif devant l’inquiétude de son ancien camarade pour lequel il n’avait pas d’amitié particulière étant plus jeune. Pourtant quand d’autres messages lui parviennent, avec le même genre d’énigme, l’ex policier commence à sentir poindre une menace sourde et insidieuse qui va le pousser à conseiller à Mellery d’alerter la Police.


Malheureusement celui-ci ne voudra rien entendre alors que le ton des lettres devient de plus en plus agressif (  « Ce que vous avez pris vous le rendrez, quand vous sera rendu ce que vous avez donné »)  . La découverte de son corps lacéré à coups de tesson de bouteille  ne viendra que confirmer la conviction du policier qu’un tueur diabolique vient d’apparaître dans le paysage.

 

Apportant son témoignage à l’inspecteur chargé de l’enquête, il finira par être associé à celle-ci comme auxiliaire extérieur.  Le limier reprend alors le goût de la chasse et  sent l’excitation du défi lui parcourir les veines. Car il se pourrait bien que le tueur vienne à frapper à nouveau.

 

«  658 » est un roman abouti, très bien équilibré, où l’énigme se dévoile progressivement, à mesure que l’auteur distille les indices au file des pages. Le suspens y est  savamment entretenu dans des chapitres courts, au style incisif. Pour un premier roman, la maitrise est impressionnante et on imagine aisément que le temps que l'auteur a du consacrer à son livre.


Malgré tout, si la mécanique de l’intrigue est particulièrement efficace, l’intérêt que j’ai porté à ce roman réside ailleurs, sur les personnages, et en particulier sur la relation entre ce flic désabusé  d’avoir abandonné la seule chose qu’il savait faire, et cette épouse qui s’exprime davantage par ses silences que par des mots.

 

 Une relation de non dits, de sous entendus, de petites phrases qui enfoncent chaque jour un john verdonpeu plus la pointe acide de la culpabilité dans la plaie d’un drame qu’on devine les avoir touché. Un couple qui reste uni par les souvenirs contenus dans une vieille boîte à chaussure. Un couple dont l’un reste sur la rive du souvenir et l’autre sur celle d’une page qu’il reste à écrire. 

 

Remarquable portrait d’une relation entre deux individus qui se sont aimés mais qui n’arrivent pas à vivre autrement qu’avec l’autre, entre un homme qui aspire à retrouver les émotions de son boulot perdu, et une femme qui veut le retenir mais qui sait la chose inéluctable et  lui apporte l’aide décisive dont il a besoin.

 

Un roman plein, écrit par un jeune écrivain de 69 ans ! Un des romans à emmener dans son sac de voyage pour les vacances !

 

 

 

 

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Published by La petite souris - dans Auteurs Américains
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 22:57

Jason STARR

Editions OUTSIDE

 

traduction: Marie OLLIVIER-COUDRAY

 

 

Crise de paniqueUne plongée en plein roman noir cela vous tente t-il ? Alors prenez le dernier roman de Jason STARR paru aux éditions OUTSIDE ! «  Crise de panique » porte très bien  son nom tant il vous emmène loin dans une descente aux enfers familiale servie à la sauce américaine !

 

Il y a des gens comme ca à qui tout sourit. Un bon job de psychologue pour nantis qui viennent allonger les billets sur le bureau après avoir couché leurs angoisses sur le divan, une villa cossue dans un quartier bourgeois qui assoit votre rang social, une femme qui se démène pour garder des formes savoureuses et une fille  d’une vingtaine d’année, certes un peu rebelle , mais qui somme toute se soumet à l’autorité paternelle.

 

Une vie dorée, coulée  dans l’opulence et l’insousciance.

 

Mais voilà, il y en a aussi qui ont un don particulier pour ébranler tout ce qu’ils ont mis des années à bâtir et qui par leur entêtement mettent en péril ce qu’ils ont de plus précieux. Le docteur Adam Bloom est de cette race là !

Sa femme lui avait bien dit de se débarrasser de cette arme ! Qu’elle ne leur amènerait que des ennuis ! Elle lui avait bien dit aussi d’appeler la police quand leur fille était  venue les alerter en pleine nuit qu’il y avait quelqu’un dans la maison !  Oui mais voilà, il n’avait rien voulu entendre, il s’est entêté à vouloir régler le problème tout seul, et quelques coups de feu et un cadavre plus tard c’est toute  la famille qui se retrouve sous les feux de l’actualité !

 

 Des flics plein la maison, des journalistes qui grouillent dans la rue, des flashs qui crépitent, des questions qui fusent. Et la colère, sourde et insidieuse d’une épouse furieuse de se retrouver dans cette situation, et celle d’une fille hallucinée que son père ait pu abattre froidement quelqu’un.

 

Cela le laisse t-il à ce point  indifférent pour qu’il se répande maintenant dans les médias afin de raconter son exploit d’avoir su protéger les siens au péril de sa vie ? Lui qui passe son temps à écouter les autres a du coup beaucoup de choses à dire ! S’il regrette d’avoir tirer une dizaine de fois sur l’individu qu’il a abattu ? il n’a fait que son devoir ! Et si les médias dressent de lui un portrait peu flatteur de justicier à la gâchette facile, c’est qu’ils n’ont  rien compris ! D’ailleurs, il en est sûr, on fera bientôt un film sur sa vie et son acte de courage !

 

Malheureusement pour lui, dans l’ombre se cache une âme sombre qui est bien décidée à écrire elle même la fin du  scénario de la vie d’Adam Bloom,  bien loin de ce que pourrait imaginer le psychologue. Un scénario qui va s’écrire en lettres de sang.


Car le cambrioleur abattu n’était pas seul dans la maison ce soir là. Johnny Long y était lui aussi. Son ami d’enfance, son complice de toujours. Et celui-ci est bien décidé à venger la mort de son ami Carlos ! Comment supporter plus longtemps de voir ce psychologue se pavaner devant les caméras alors qu’il n’a laissé aucune chance à Carlos en vidant sur lui le chargeur de son révolver?

 

Mais  Johnny  est un animal à sang froid. Il ne veut pas seulement supprimer Adam Bloom, il veut le détruire, anéantir tout ce qu’il représente et tout ce qui compte le plus au monde pour lui, sa famille. Alors Il les tuera tous. Et pour se faire  il met au point un plan machiavélique.

 

Aussi quand il séduit Merissa Bloom et qu’elle finit par l’introduire auprès de sa famille, ils ne le savent pas encore, mais  le serpent vient  de se lover dans le cocon familial. La première morsure mortelle n’est dès lors plus qu’une question de temps.

 

Jason STARR est un auteur hors du commun dans le polar américain. Loin des stéréotypes classiques du héros qui s’en sort toujours, STARR quant à lui aime à torturer ses personnages et leur faire subir les pires outrages, à les plonger dans leur contradiction et les noyer dans leur superficialité.

 

Car au-delà de l’intrigue qui va crescendo et qui distille une atmosphère toujours plus oppressante à mesure que le piège se referme, l’auteur dresse à travers la famille Bloom un portrait au vitriole d’une Amérique bien pensante, hyper individualiste, obnubilée par son bien être et son image.

 

Mais il suffit parfois d’un petit grain de sable, pour que commence à se lézarder la belle jason-starr.jpgharmonie familiale et qu’apparaisse l’envers d’un décor  que les belles façades bourgeoises ne laissaient pas jusque là transparaître.

Dans cette famille au bord de l’implosion, Johnny Long ne sera que le détonateur d’une bombe à retardement déjà programmée, et qui fera exploser à la figure d’Adam Bloom et des siens toute l’hypocrisie et les faux semblants de leurs existences.  Pris dans ce maelström familial ils ne verront pas le danger fondre sur eux.

 

Avec beaucoup d’habileté, l’auteur parsème son roman de petits flashs back qui font que la même scène est décrite par différents protagonistes. Loin d’alourdir son propos, cela donne au contraire au drame qui se joue toute son intensité.  Le lecteur accompagne les personnages dans l’entonnoir du destin qui les conduit tout droit à la catastrophe sans jamais pouvoir deviner comment les évènements vont se succéder. Et c’est bien là toute la force de Jason STARR qui signe là, sans aucun doute, l’un de ses meilleurs romans.

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Published by Eskalion - dans Auteurs Américains
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 19:07

savage

     Traduit par Freddy MICBALSKI

     Aux éditions DU MASQUE

 

Vous savez quoi ? Je viens de me faire un rail ! Un shoot littéraire plus précisément ! Un truc puissant, qui vous fait décoller de vos baskets aussi surement qu’une fusée Ariane vous envoie dans l’espace !  Et je plane encore au moment où je rédige ce billet de lecture !

 

Sauf que là, le dernier roman de Don Winslow, il ne vous expédie pas au nirvana, mais direct dans un univers complètement déjanté. Un monde  ultra violent, où les flingues chantent comme des orgues de Staline, où les dollars coulent à torrent, où « l’herbe »  a de telles vertus financières qu’elle vous transforme en écologiste radical, et où le passe-temps des tueurs des cartels consiste à jouer de la tronçonneuse et transformer « les gens en distributeur de bonbons Pez ».

 

Laguna Beach, sud de la Californie. Sexe, volley Ball, bière et dope. Ainsi se résume la vie d’un trio inséparable, voire fusionnel constitué de Ben, docteur en botanique et marketing, fils de parents psy, de Chon, ancien militaire des forces spéciales, qui lui ne se pose pas trop de questions. Au milieu, nous trouvons, Ophélia, O. , pour les intimes. Une bimbo moins bête qu’il n’y paraît, amoureuse de ses deux hommes.  « Ben est sang chaud, Chon est métal froid, Ben a du cœur, Chon est indifférent, Ben fait l’amour, Chon baise. Elle les aime tous les deux. »


 

Nos trois compères vivent confortablement du commerce d’un cannabis haut de gamme quemarij tout le monde s’arrache, l’Hydro, et qu’ils ont eux même mis au point. Cette activité ne leur pose aucun problème de conscience «  La dope est censée être mauvaise, mais dans un monde mauvais, c’est bien, si vous saisissez le renversement  de polarité morale du paradoxe. Chon voit dans les drogues la réponse rationnelle à la folie »…

 

Bien sûr ce succès commercial  ne pouvait pas passer  longtemps inaperçu,  en particulier d’Elena Sanchez Lauter,  patronne  du puissant cartel de Baja qu’elle dirige d’une main de fer, et qui est bien décidée à faire main basse sur cette petite star-up  à cash, pour étendre son empire et financer sa guerre contre les autres cartels mexicains. Elle dépêche donc sur place des hommes de mains en costard cravate pour négocier l’allégeance du trio.

 

armeBen qui estime s’être assez amusé et avoir  amassé suffisamment d’argent serait prêt à passer à autre chose et laisser la place libre au cartel, mais pas question de devenir leurs larbins ! Quant à Chon, «  quand on laisse croire aux gens qu’on est faible, tôt ou tard, on se retrouve contraint de les tuer. ». Alors «  Fuck You !».

 

Quelques temps plus tard, comme pour accuser réception de la réponse, une cassette vidéo arrive à Ben et Chon. Sur celle-ci apparaît O. assise sur une chaise, avec en arrière plan un homme une tronçonneuse à la main. Leur égérie a été kidnappée. La dolce Vita sous les sunlights californiens vient de prendre fin brutalement.

 

Dès lors les flingues sont de sortie et vont chanter leur partition sans fausse note.

 

 Ce roman a tout pour plaire. Un rythme effréné, dans un style qui joue avec les règles de la syntaxe et rend l’écriture de l’auteur percutante et redoutablement efficace. Mais la force de Don Winslow n’est pas seulement dans la mise en forme de son texte, dans ces chapitres courts qui donnent cette impression débridée au roman, dans ces répliques qui claquent comme des coups de feu,  mais aussi dans les portraits hors du commun qu’il dresse de ses personnages.

 

Des personnages plus complexes qu’il  n’y parait de prime abord, et parfois même paradoxaux.

 

A l’image de Ben, producteur et vendeur d’hydro, mais surtout non-violent farouche qui réinvestie ses bénéfices dans des actions en faveur du Tiers Monde parce qu’ « il a une conscience sociale ». Un Ben qui«  s’efforce à tout crin d’être non violent et honnête, dans un business qui est violent et malhonnête ». Mais quand la violence devient nécessaire «  c’est Chon qui fait son entrée ».

 

Des personnages prisonniers de leur histoire personnelle ou de leur quotidien, comme la « madròn » du cartel de Baja, obligé d’en prendre la tête et d’en assumer la violence, plus pour épargner son fils et par sens de l’honneur et de la famille ,  que par conviction ; ou bien encore  comme Lado, son homme de main,  qui les basses œuvres exécutées redevient monsieur tout le monde et rentre à la maison pour le souper, et qui se glisse dans le lit conjugal car il faut bien «  donner sa dose à bobonne ».

 

Rajoutez à cette histoire de feu et de sang une critique  qui se lit en filigrane de cette société winslow.jpgcalifornienne cloisonnée, dont l’opulence se nourrit de la sueur et du sang des clandestins qui s’entassent dans des baraquements à l’ombre des grandes enseignes du luxe («  RQDM ;. Rien Que Des Mexicains. Bloc après bloc. Quand on entend de l’anglais, c’est le facteur qui  parle tout seul ».). une société insouciante, superficielle, plus obnubilée par l’apparence et une pseudo quête spirituelle qu’à la misère qui l’entoure, et vous comprendrez que vous tenez entre les mains un roman remarquable. Un de ceux que l’on garde précieusement dans sa bibliothèque.

 

Et dire que je n’ai pas encore lu «  La griffe du chien », le chef d’œuvre de Don Winslow (promis Pierre je le lierai cet été !!!) , je me dis que j’ai encore de sacrés moment de lecture qui m’attendent !

 

En attendant, je crois bien qu’entre temps j’ai développé une addiction à Don Winslow dont je ne veux surtout pas me sevrer !

 

Que voulez vous, la lecture est la meilleure drogue qui soit !

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Published by Eskalion - dans Auteurs Américains
23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 12:00

jeuc de vilain1 

Editions Policier SEUIL

 

Traduit par William Olivier DESMOND

 

Quand à une vente aux enchères de biens abandonnés, Bob Hernandez arrive après plusieurs tentatives infructueuses à remporter enfin un lot, celui-ci espère avoir fait une bonne  affaire. Dans le bric-à-brac qu’il vient ainsi de s’offrir se trouvent peut être quelques objets qu’il pourra revendre sur eBay pour se refaire la cerise et tirer un petit bénéfice de son investissement initial.

 

Malheureusement pour lui, à part de vieilles breloques sans intérêt, il ne trouve rien d’intéressant, à part peut être cette petite boîte de bois rare. En l’ouvrant il trouve de petits objets polis. A bien y regarder, il s’avère que ce sont des os humains.

 

Dans le même temps,  la police se rend à l’autre bout de la ville, dans un marais protégé, après avoir été alerté par le jeune homme qui  chaque jour vient remplacer pendant quelques heures  le gardien du lieu. Or ce jeune vient de recevoir un appel téléphonique lui indiquant la présence d’un cadavre sur le site protégé.

 

Sur place ce n’est pas moins de trois cadavres qui seront mis à jour, avec pour particularité d’avoir une main tranchée.

L’enquête démarre donc sur les chapeaux de roues, et s’intéressera rapidement à plusieurs personnages qui ont visiblement bien des choses à cacher. De l’univers des prostituées  à celui des jeux sadomasochistes  celle-ci prendra bien des chemins. Un serial killer est-il à l’œuvre ou bien s’agit-il d’un scénario savamment fomenté pour cacher quelque chose de plus important encore ?

 

Dans ce roman si l’on retrouve le célèbre  Alex Delaware, psychologue pour enfant de son état, et accessoirement consultant pour la police de Los Angeles, on y découvre également deux nouveaux venus dans le paysage de Kellerman, Moose Reed, inspecteur, et son frère Aaron FOX, détective privé. L’un est blanc, l’autre noir, et ont des relations assez conflictuelles.

 

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman de Jonathan Kellerman et cette occasion qui m’était offerte de renouer avec l’auteur était donc une aubaine idéale ! Malheureusement je dois bien avouer que de retrouvailles il n’en fut point question, tant ce nouveau roman ne m’aura absolument pas convaincu.

 

Si  l’histoire est construite de façon assez linéaire et se lit de manière assez fluide, il n’en reste pas moins que j’ai par moment eu l’impression de tourner en rond, que celle-ci se perdait dans des conjectures redondantes qui au final endormaient le lecteur. Le scénario ne m’a pas paru véritablement crédible pour que j’ai réellement envie de connaître le ou les véritable(s) coupable(s).

 

Pourtant les ingrédients étaient là. L’entame du roman laissait présager une histoire jonathan KELLERMANexaltante. Mais il n’en fut rien. L’opposition entre les deux frères, noir et blanc, reste anecdotique et n’apporte pas grand-chose à l’histoire. Les personnages manquent d’épaisseur psychologique. J’en suis même venu à me demander ce que pouvait bien faire un psychologue pour enfant dans une enquête pareille.

 

Comme un soufflet, le dernier roman de Kellermann a suscité en moi une grande attente pour un plaisir qui est très vite retombé. Je n’ai pas retrouvé le bonheur qui fut le mien quand à l’époque j’avais lu « Le rameau brisé ».


J’imagine que comme tout artiste qui se respecte, on ne peut pas toujours être au summum de son art.  A l’image de Michael CONNELLY dont je trouve les derniers romans un peu en deçà , celui de Jonathan KELLERMAN ne sera pas non plus un grand millésime dans l’œuvre de cet auteur.

 

Mais nul doute  j’en suis sûr, que j’aurai l’occasion de retrouver la verve de leur plume et la puissance de l’imagination de ces grands auteurs que nous aimons tant.

 

Chroniqué dans le cadre:

 

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