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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 09:30

 

PHILIPPE NICHOLSON

EDITIONS MONTPARNASSE 

 

 

Serenitas-copie-1

 Je me rappelle qu’enfant, comme tout les gosses de mon âge, et sans doute aussi une bonne partie des adultes,  je rêvais à ce que serait le monde en l’an 2000. Fixée à l’horizon de ma jeunesse, cette date de science fiction était riche de promesses. On imaginait des véhicules se déplaçant au dessus du sol, des villes de verre composées de gratte-ciel immenses, des robots partout  et des gadgets en tout genre pour nous simplifier la vie.


Mais il y en avait d’autres aussi  pour imaginer le pire. Un monde dénaturé, rongé par la pollution, croulant sous le poids de la surpopulation et étouffant sous un soleil assassin.


Dans «  Sérénitas », Philippe Nicholson s’essaye à l’exercice en imaginant la France et le monde de demain. Mais l’avenir qu’il nous propose n’a rien de réjouissant. Sombre, pessimiste, celui ci ne se nourrit pas d’utopie ou d’espérance, mais d’égoïsme et de cupidité.


Dans ce monde qu’il nous laisse entrevoir, le pouvoir se déchire entre l’état devenu moribond, les multinationales qui infiltrent leurs tentacules financières dans les moindres interstices d’une société qui voit ses libertés individuelles refluer à marais basse, et les narco-gangs qui mettent en coupe réglée les quartiers populaires abandonnés.


C’est dans cet univers glauque que surnage Fjord Keeling. Personnage solitaire et rebelle, ilcredit-photo-dontnod.jpg trace son sillon journaliste au National, le plus grand quotidien de la capitale, en fouinant dans les poubelles de cette société en déliquescence, enquêtant sur les sujets qui dérangent, faisant fi des pressions et des menaces.


 Mais notre homme est sur la corde raide. En conflit permanent avec sa direction, à laquelle appartient son ex-femme, il est menacé d’être viré s’il ne rentre pas dans le rang. Travaillant sans jamais rendre de comptes, il s’est taillé auprès de ses confrères une réputation de loup solitaire et de tête brulée incontrôlable qui pour la Ljing Ltd, la multinationale propriétaire du journal n’est pas tolérable.


Et dans cette société où le travail conditionne le droit à vivre dans un secteur privilégié appartenant à la boîte qui vous emploie, la menace, si elle est mise à exécution revient à vous faire dégringoler au bas de l’échelle sociale et à faire de vous un sans-abri mendiant sa pitance dans la rue pour survivre.


1220415866-copie-1.jpgPourtant, Fjord est bien décidé à ne rien changer à sa façon de travailler. Mais quand une bombe explose dans le bar où il devait retrouver un contact pour son enquête sur un trafic de D-23 , une drogue qui inonde les quartiers pauvres, celui-ci va se retrouver  malgré lui au centre d’une machination dont il ne sera qu’un pion balloté au grès d’intérêts qui le dépassent complètement et dont il aura le plus grand mal à s’extirper.


Si le roman est un vrai page Turner , avec comme il se doit de l’action et des rebondissements, l’auteur s’est toutefois particulièrement appliqué à soigner le portrait de ses personnages et à rendre la complexité des rapports de pouvoir entre Etat , multinationales et trafiquants de drogue. Des rapports  troubles faits connivence et de lutte d’influence, tout en étant un combat à mort.


Mais si comme moi, vous vous êtes nourri, adolescent, de science-fiction et autres romans d’anticipation, alors vous prendrez sans doute un plaisir particulier à vous interesser au tableau de cette France du futur, méconnaissable et à la dérive que Philippe Nicholson nous dépeint dans son roman.


Une France à l’agonie, où les services publics sont progressivement abandonnés aux sociétésparisf1 privées,  qui n’a même plus les moyens d’assurer la sécurité de ses citoyens et qui pour survivre abandonne sa souveraineté aux trusts internationaux sur une partie de son territoire qu’elle cède au plus offrant.


Un pays qui n’est plus qu’une coquille vide où les plus riches ont relégués les pauvres à la frange de leur monde, enfermés dans des villes privées ultra-sécurisées, à l’image de Sérénitas,  construites par ces multinationales qui assurent outre votre sécurité, l’éducation de vos enfant et les soins dont vous avez besoin. 


Pour les autres, ceux qui n’ont pas d’argent, pas de boulot, la misère, l’analphabétisme, la loi du plus fort, la déchéance dans des quartiers qu’on ne nettoie plus au karcher mais avec des chars d’assaut , sera le lot quotidien.


Avec Serenitas, vous toucherez du doigt une réalité qui fait donc froid dans le dos, tant elle prend racine dans le terreau de la crise qui touche de plein fouet nos sociétés actuelles : états criblés de dettes, pouvoirs financiers incontrôlables, spéculation à outrance et démission de l’Etat régalien.


philippe-nicholson.jpgUn roman plutôt réussi, qui se laisse lire et qui interpelle sur le devenir de nos sociétés qui ont encore la prétention de se croire développées.


Si vous aimez les romans ou l’intrigue conjugue manipulation, mensonge, complot, actions et rebondissements, assurément ce roman est fait pour vous ! Un bon roman à lire cet été !

 

 

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crédist photos : N°2 et 3 Dontnod ( jeux Adrift)

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Published by La petite souris - dans Auteurs Français
21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 10:49

JEAN MARIE LACLAVETINE

EDITIONS DE LA BRANCHE

 

paris-mutuels.jpgVous n’allez pas aimer Vincent. Vous aller même le détester. Surtout si vous êtes de ces hommes qui ont parfois des bouffées de testostérones qui vous poussent à montrer que vous n’êtes pas du genre à vous laisser marcher sur les pieds, ou vous faire mener par le bout du nez.


Car voyez vous Vincent ne vous ressemble pas. Il est de ces êtres là, qui tel un bouchon sur la mer, se laissent porter au gré du vent et des bourrasques. Pourtant  il n’est pas un looser, ni un déprimé, encore moins un réfractaire à la société dans laquelle il vit.


Non Vincent, son problème, c’est qu’il a horreur de devoir faire des choix.


Je n'ai jamais choisi. La vie me traîne ici ou là, je vais où elle me conduit, je me laisse porter. J'ai tout accepté, toujours. Par manque d'intelligence, peut-être, à cause d'une forme particulièrement lamentable de lâcheté, c'est possible, mais plutôt en raison d'une résignation congénitale, d'une absence absolue de croyance, d'un doute de tréfonds. Rarement rencontré, le bonheur m'étouffe ; le sachant éphémère, je préfère hâter sa fin pour retrouver le lugubre confort de la mélancolie ; quitte à perdre ce qui m'est cher, autant que ce soit de mon fait ; voilà pourquoi je détruis tout. 


Alors il laisse le hasard décider pour lui. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour3269852 Vincent, le hasard fait bien mal les choses.


Ancien champion de savate, il a monté une salle d’entrainement avec son pote Angelo. Si son ami s’affaire auprès des sportifs, Vincent lui  s’occupe du tripot clandestin qu’il a crée en annexe à l’étage. Turfiste plutôt chanceux, il aime à trainer sur les hippodromes.


C’est là que l’amour va lui tomber dessus comme un pot de fleurs projeté avec élan du cinquième étage.


Enfin l’amour, c’est peut être un bien grand mot me direz vous, mais Vincent voudrait bien y croire pour une fois. Pourtant, Léa, c’est le nom de sa dulcinée, n’a rien d’une princesse échappée d’un conte de fée. Elle serait même plutôt du genre « tarentule » (comme la surnommera Angelo). Elle enfagote sa proie dans sa toile, l’immobilise et finit par lui sucer le sang.


hf.jpgCar c’est par effraction que la belle s’engouffre dans la vie de Vincent. Sa rencontre à l’hippodrome était savamment calculée, tout comme le cambriolage de son existence qui va s’en suivre.


Peu à peu elle s’immisce dans les affaires de Vincent au point d’en prendre le contrôle et provoquer le départ d’Angelo qui se désole de voir son ami passer sous la coupe de Léa sans réagir.

 

La petite salle de sport, va alors rapidement étendre ses activités à la vente de poudre et autres petites pilules aux vertus rarement reconnues par la sécurité sociale, mais si prisées des sportifs prêt à s’arranger avec la philosophie de Pierre de Coubertin.


Comme une tornade de Monsieur Propre, Lea chamboule la vie de Vincent du sol au plafond. Lui fait abandonner sa porche, quitter son appartement pour s’installer chez son frère Fred. Un gars sympa Fred, et si proche de sa sœur !


Suivra ensuite le mariage. Elle lui doit bien ça Léa vu que toutes ses petites affaires sont au nom de Vincent. Autant lui mettre la corde au cou pour mieux le tenir en laisse. Et généreuse avec ça,  qui en guise de dote va offrir à son mari quelques années à l’ombre derrière les barreaux d’une prison pour malversations financières.prison


 Mais loin de se révolter Vincent se sacrifie ! Après tout, Léa ne lui a-t-elle pas appris qu’il allait être père ? Il ne va quand même pas laisser une femme enceinte, à fortiori la sienne,  aller en taule, même si l’idée d’être père l’enchante autant que celle de boire une cuillère à soupe d'huile de foie de morue !


Alors bien sûr le lecteur que vous êtes ne manquera pas de pester et de se demander quand diable va-t-il enfin se réveiller, relever la tête et se révolter contre cette sangsue.


Je me garderai bien de répondre à cette question et vous invite à lire le livre, mais je vous promets une fin truculente.


Laclavetine« Paris mutuels » est un petit bouquin sans prétention, comme tous ceux sortis dans la collection « Vendredi 13 » des éditions de la Branche , mais qui se savoure, se sirote au fil des pages et vous fait passer un agréable moment, le sourire aux lèvres.


Car si d’entrée, vous n’allez pas aimer Vincent tant sa conception de la vie est diamétralement opposée à la votre, vous finirez pourtant par l’apprécier, l’agacement laissant progressivement la place à l’empathie, et vous l’accompagnerez dans ses déboires.


Et c’est là toute la finesse de Jean Marie Laclavetine que de nous raconter une histoire particulièrement sombre avec une écriture empreinte de beaucoup d’humour, qui donne ainsi une saveur toute particulière à ce petit roman.

 

 

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quelques avis chez....

 

les chroniques assidues

 

action suspens

 

cannibals lecteurs

 

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note: le tableau illustrant l'article est l'oeuvre de l'artiste de Nadia Nadège

 


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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 21:44

Le titre de ce billet est un peu provocant je l’avoue ! Non pas que je glorifie le meurtre et l’effusion de sang, mais simplement parce que je souhaite vous parler rapidement aujourd’hui de deux ouvrages qui s’intéressent de près à ce qui fait le fondement même des romans que nous aimons lire : le crime.


Il ne s’agit pas cette fois de romans, mais de deux ouvrages, très distincts, publiés dans deux maisons d’édition différentes qui, pour des périodes assez éloignées l’une de l’autre décortiquent ces affaires qui ont en leur temps défrayé la chronique.


Connues ou non du public d’aujourd’hui, il interroge pour l’un sur la véracité de l’histoire officielle,  dresse une certaine anthologie de la médecine légale et de la police criminelle, quand le second, outre de rappeler des faits, s’interroge sur les médias de l’époque dans la formation d’une mémoire criminelle collective qui érige meurtriers et victimes en figures ambivalentes du rêve américain.


LES SECRETS DES GRANDS CRIMES DE L’HISTOIRE Edité à la LIBRAIRIE VUIBERT


les grands crimes de l'histoireEcrit par Philippe CHARLIER, maître de conférences en médecine légale au CHU de Garches, cet ouvrage nous présente plus d’une vingtaine de crimes célèbres ou non, qui ont émaillé l’histoire de l’humanité. C’est avec son œil de médecin qu’il appréhende ces meurtres. Enquêteur en blouse blanche, l’auteur remonte le temps pour découvrir la vérité.

C’est ainsi qu’il s’intéressera à Zola, à Charles XII de suède, à François 1er et sa femme, morts à quelques jours d’intervalle seulement.


Véritable voyage dans le temps, le lecteur remontera à l’époque de Ciceron , en passant par  celle du  Duc de Berry, de Lincoln  et de Trotski.


En fouillant dans les archives révolutionnaires, en décortiquant les témoignages de l’époque, en confrontant éléments matériels conservés, l’auteur ébauchera parfois une vérité qui n’est pas forcément celle que l’histoire a bien voulu conserver. Au lecteur de se faire sa propre opinion.


A noter un chapitre intéressant sur une brève histoire de la médecine légale.

Du plus ordinaire au plus célèbre, l’auteur fait l’autopsie de ces crimes qui émaillent l’histoire des grands de ce monde ou des plus humbles des individus.


CRIMES ET PROCES SENSATIONNELS A LOS ANGELES aux Editions EDITE


Signé Nausica ZABALLOS, cet ouvrage s’intéresse lui à une époque plus contemporaine.crimesLA.jpg Celle du Los Angeles des années 20 aux années 60, dont le crime le plus retentissant fut celui qui défraya la chronique sous le nom de «  Dalhia noir », repris de manière magistrale par James ELLROY dans son roman du même nom.


Si ce crime s’est inscrit durablement dans la mémoire collective, il a aussi du même coup éclipsé des affaires toutes aussi effroyables et retentissantes à l’époque mais que le temps et les mots d’Ellroy ont figé dans le passé et dans l’oubli.


Car n’allez pas penser que les meurtres sanglants et sordides soient l’apanage de nos sociétés modernes malades.


Prenez par exemple cette histoire qui remonte à 1927. Marion a 12 ans. Fille d’un riche banquier celle-ci est enlevée à son école par Willim Edward  Hickman qui arrive à convaincre les responsables de laisser la petite fille partir avec lui car son père vient d’être victime d’un terrible accident de la route.


Une histoire d’enlèvement comme il y en avait souvent à cette époque mais qui va se transformer en histoire particulièrement horrible.


Le kidnappeur surnommé le Renard est un jeune homme déterminé, ancien employé de la banque du père de la jeune victime. Par télégramme, lettres anonymes et coups de téléphone il dicte ses exigences à la famille pour qu’elle lui verse une forte rançon. Le père s’exécute et se rend au lieu de rendez vous.


 Dans la voiture du ravisseur, le père aperçoit sa fille, qui semble calme. Il paye la rançon, et au moment de quitter les lieux le kidnappeur projette la jeune fille au sol par la portière du véhicule.


Mais quand le père se précipite vers son enfant inanimée, c’est un corps atrocement mutilé qu’il sert dans ses bras. Seul le torse et la tête de la petite fille ont été rendus et Marion a été éviscérée. 


Au-delà du sensationnel des évènements,  Nausica ZABALLOS s’intéresse tout particulièrement à l’impact de ce genre d’affaire sur l’imaginaire collectif, à une époque ou le cinéma prend tout son essor, où la presse à sensation se repaît de ce genre de drames et que les chroniques judiciaires connaissent leur âge d’or.


 Une presse qui fabrique des héros et des monstres en s’arrangeant souvent avec la vérité. Une époque où « un jeu de miroirs malsain se met en place entre les criminels et la presse » où «  désireux d’obtenir de nouvelles déclarations à l’emporte pièce, les journalistes attisent les frictions qui peuvent exister entre enquêteurs, jurés, accusés et familles de victimes. »


A travers ces affaires, les procès qui s’ensuivent, l’auteur dresse aussi le portrait d’une époque et d’une société californienne qui prendra progressivement conscience que les faits divers ne sont pas seulement du spectacle à bon compte nourrissant sa curiosité morbide, mais que ceux ci la questionnent également sur ses valeurs morales et sur sa perception de la folie meurtrière.


L’ouvrage interpelle aussi sur la place de  cette presse qui, sans aucun doute à contribuer à la réalisation de ces carrières criminelles, où la quête première du tueur n’était pas tant une satisfaction financière ou une vengeance à assouvir que la volonté d’être sur les feux de la rampes et d’occuper un temps l’espace médiatique.


Si cet ouvrage ne nous apprend rien de nouveau quant au rôle que peut parfois jouer les médias, il n’en reste pas moins un excellent livre très bien documenté sur cette période folle de la vie californienne qui nourrira  par la suite l’imaginaire de bons nombres d’auteurs américains.

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 18:26

OLIVIER GAY

EDITIONS LE MASQUE JAUNE

 

les talons hauts....C’est un nouveau livre, un premier roman.  Il est signé Olivier Gay, et sans doute s’agit il là d’un beau bébé puisque celui-ci vient de se voir décerner le prix du « premier roman » à  Beaune. Remis chaque année à l’occasion du festival international du film policier qui ne manque jamais de faire une place à la littérature,  ce prix est un coup de pouce donné à de jeunes auteurs en devenir.


Il s’appelle John Fitzgerald (un prénom qui, vous en conviendrez,   donne une sacrée envie de  vouloir s’essayer au fusil à lunette en accrochant ses parents dans la ligne de mire) et c’est un noctambule. Un clubber comme on dit dans le milieu branché des nuits parisiennes.


Mais un clubber du genre sangsue. De ceux qui vous collent aux basks, parce qu’il n’est pas pété de tunes au point de pouvoir vous lâcher plusieurs billets de 200 pour une bouteille, mais qui aime la lumière des stromboscopes et des lasers et tout ce qui s’agite dessous .Et si cela peut frétiller sur des escarpins et dans des bas résilles, cela n’est pas pour déplaire à notre play-boy.


Alors notre félin nocturne se faufile à votre suite, une main sur l’épaule,  en se faisant passer pour votre ami pour accéder aux carrés VIP des boîtes de nuits, pour boire votre champagne et danser avec vous, agrégeant rapidement autour de lui des corps qui s’agitent et se frottent, focalisant sur sa personne des regards riches de promesses chaudes et avides de luxure. 


Il n’est pas vraiment de leur monde, mais il y est toléré, quand il n’est pas désiré. Car Fitzby-copie-1.jpg sait se rendre indispensable. C’est un petit dealer. Il n’ambitionne pas de s’enrichir pour mener la grande vie ou pour devenir incontournable sur le marché. Mais il se targue d’être honnête avec ses clients, en ne coupant jamais sa dope, et les petites quantités qu’il leur vend lui permettent de profiter de cette vie de strass et de paillettes. Alors il fait partie du décor et peut profiter de ce monde qui n’est pas le sien, où il côtoie des vedettes sportives, des stars de la mode ou des jeunes premiers du cinéma, et profite un peu de leurs fastes.


Malheureusement, dans la multitude des conquêtes que sa belle gueule a pu lui permette de réaliser, figure une ex, Jessica. Celle avec qui il a partagé un peu plus qu’une nuit sans lendemain. Mais Jess est flic .Et après plusieurs mois de silence qui ont suivi leur rupture, la voici qui reprend contact avec lui. N’en déplaise à sa fierté de coq noctambule, elle ne revient pas vers lui pour des raisons sentimentales mais parce qu’elle a besoin de son aide et de ses connaissance des nuits de la capitale. Et pour obtenir cette aide, elle n’hésitera pas à le coffrer pour ses petites activités artisanales pour faire pression sur lui.


Car il y a urgence. Si la presse n’en parle pas , cela fait déjà  plusieurs cadavres de jeunes femmes que la police retrouve, atrocement mutilées. Les victimes, si elles ne se connaissaient pas, ont toutes pour point commun d’être des habituées des discothèques parisiennes. Et qui mieux que Fitz pour rendre ce petit service à la police en enquêtant discrètement dans le microcosme de la nuit ?


vy.jpgAidé de Moussah et de Deb , deux connaissances des pistes de danse et clients habituels de Fitz, le trio se lance sur la piste du tueur, bientôt rejoints par la jeune Mei. Mais il se pourrait bien qu’à vouloir approcher la vérité, ces papillons de nuit finissent par se brûler les ailes.


Voilà un roman qui me laisse une impression mitigée au moment de le refermer. Des qualités indéniables pour un premier roman, mais en même temps  des points de rupture pour le lecteur que je suis.


Laissons de côté le sujet du sempiternel tueur en série décliné à toutes les sauces dans les thrillers de ces 15 dernières années dont on finit par avoir une vrai  overdose, car l’intérêt du roman d’Olivier Gay est ailleurs.


Par exemple dans la description de cet univers de la nuit dont l’auteur fait une restitution impitoyable et sans concession. Un monde où la valeur d’un individu ne se mesure pas à ses actes mais à la marque de ses vêtements et à l’épaisseur de son portefeuille. Un monde sauvage où les mâles chassent en rabattant au milieu de la piste les filles  consentantes de leur sort à venir , où les plus riches, se servent les premiers comme des chefs de meute, et où les restes vont aux sangsues des soirées mondaines, aux seconds couteaux dont Fitz est le parfait représentant.


Personnage insipide et superficiel au début du roman, n’ayant que pour seul leitmotif que de profiter de la vie et de l’argent des autres, d’investir dans des marques pour entretenir son image de clubber belle gueule et bon baiseur, Olivier Gay nous fait découvrir peu à peu l’envers de son  univers.


Une chambre de bonne dans un quartier chic de la ville pour le cadre, une vie rythmée par la visite hebdomadaire à ses parentsuu pour partager avec eux le repas dominical, et l’univers virtuel d’un jeu vidéo. Pour le reste, une existence mise en sommeil le temps que la nuit revienne, que réveillera et bousculera cette enquête dans laquelle il se lancera. Alors il redeviendra progressivement pour le lecteur plus humain, et de fait plus attachant aussi.


A cela s’ajoute un humour, un ton parfois grinçant qui rajoute au roman un soupçon de cynisme et donne paradoxalement une certaine saveur à l’écriture d’Olivier Gay.


Mais ces qualités s’en trouvent fortement altérées par deux défauts majeurs qui font que je n’aurai finalement jamais accroché à ce livre. D’abord celui d’un scénario trop linéaire, où il manque véritablement des rebondissements. Rien n'est entrepris pour duper un temps le lecteur, le conduire sur une fausse piste. Enfin, plus ennuyeux à mes yeux, le manque évident de crédibilité de l’histoire.


drogComment en effet peut on imaginer un seul instant la police confier à un individu quelconque, dealer de son état qui plus est, le soin de mener une enquête !

 

Comme si celle-ci n’était pas capable d’interroger les habitués des discothèques, photos des victimes en mains, pour trouver une piste vers l’assassin et qu’il faille qu’elle en passe par Fitz ?

 

Que penser quand en plus celui-ci se voit invité à rejoindre une scène de crime sanguinolente comme un inspecteur de la première importance. Son ex fait vraiment une piètre enquêtrice !


Comment ne pas s'interroger  qu’avec des corps qui s’accumulent, la presse n’ait à aucun moment, vent de cette histoire. La police veut taire cette affaire mais mets un fêtard dans le secret ? Peu crédible !


Au départ Moussah, Deb, ne sont même pas des amis, juste des connaissances, des clients, et pour Mei , laolivier-gay.jpg dernière fille levée pour finir dans son lit. Pourtant les voilà tous les trois à se lancer dans cette enquête avec entrain,  à la suite de Fitz, comme si leur connivensce était évidente et allait de soi.


Pour le coup donc, je suis nettement moins enthousiaste que certains de mes amis concernant ce roman. Les qualités romanesques sont là, c’est indéniable. Mais Olivier Gay gagnerait beaucoup à rendre plus réaliste le scénario qu’il propose à ses lecteurs. Car malgré les aspects positifs évoqués plus haut, ces  détails ont fini par nuire à mon plaisir de lecteur.


Pour autant, le roman se laisse lire, et visiblement il a déjà su trouver ses lecteurs puisque les ventes semblent bien marcher pour lui. Ce n'est pas négligeable pour rentrer dans le métier, d'autant qu'Olivier Gay a décidé d'abandonner son boulot pour se consacrer entièrement à l'écriture.


Un premier roman est toujours l’amorce d’un art qui se peaufine avec le temps. Gageons qu’Olivier Gay parvienne à nous surprendre avec son prochain roman et corriger ces quelques erreurs évoquées plus haut, c’est bien là en tout cas, tout le mal que je lui souhaite.

 

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Comme je le dis souvent à mes amis, il faut toujours croiser les avis pour se faire une opinion avant d'acheter un livre. Ne détenant pas la vérité, et par soucis d'objectivité , je vous invite à découvrir les avis de deux complices qui portent un regard  plus enthousiaste sur ce roman.

 

Celui de mon ami Pierre Faverolle : link

 

Celui de mon ami Paul : link

 


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Published by La petite souris - dans Auteurs Français
13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 19:23

VINCENT DESOMBRE

  EDITION SCRINEO

 

 

maudite soit elleLe lecteur se demande souvent où les auteurs vont il puiser leurs idées pour échafauder un scénario et écrire leur roman. Parfois , à lecture d’interviews ou de rencontres à l’occasion d’un salon littéraire celui-ci parvient il à satisfaire sa curiosité.


Les éditions Scrineo ont la particularité d’offrir à la fin de chacun des romans qu’elles publient un dossier documentaire sur les affaires qui ont pu inspirer l’auteur, où traiter un thème en lien direct avec celui abordé dans le roman publié.


C’était le cas dans le roman LES OMBRES  de Philippe Bérenger que j’avais chroniqué il y a quelques mois, avec un dossier autour du «  quotidien et  l’organisation de la lutte anti-terroriste en France ».


Dans celui-ci, l’auteur nous présente dans un style journalistique deux affaires qui avaient défrayé la chronique au sortir de la guerre et qui l’ont directement inspiré pour écrire son livre. Intéressant dès lors de voir comment celui-ci peut s’approprier un fait divers pour le retranscrire dans son œuvre, même si le lecteur serait fort mal inspiré de commencer par la lecture de ce dossier avant celle du livre, s’il ne veut pas se gâcher le plaisir de la découverte.


Journaliste de formation ayant travaillé pour les principales chaînes françaises, Vincent Désombre, devenu entre temps auteur-réalisateur de films, signe là son tout premier roman.


Quand elle apprend que Maurice Picon, un retraité, a été sauvagement assassiné chez luiEglise-1.jpg pour se faire dérober ses économies, Nathalie n’y voit  là qu’un fait divers de plus qui vient se rajouter à la longue liste de ceux qui quotidiennement  défrayent la chronique à la une des journaux.


Pourtant, quand le visage de la victime s’affiche sur son écran télé, c’est le choc. Tétanisée, le souffle coupé, ses yeux ne peuvent quitter ce portrait qui s’affiche et qui la ramène des dizaines d’années  en arrière.


Un passé douloureux, personnifié par ce visage, celui de cet inconnu qui trente ans plus tôt s’était présenté chez ses parents.


C’est une petite fille qui à l’époque avait ouvert la porte, avait suivi l’homme jusqu’à sa maman et l’avait vu lui murmurer quelque chose à l’oreille. C’est elle seule qui avait vu sa mère devenir hystérique et supplier à genou l’homme qui, indifférent, était reparti comme il était venu. Quelques minutes plus tard, une détonation avait retentie. Un suicide maternel et une vie en devenir marquée à jamais par le drame.


TombCe passé réveillé, Nathalie décide de l’affronter en remontant le cours de ses souvenirs et de son histoire personnelle en enquêtant sur cet homme qui a fait voler sa famille en éclat et anéanti l’insouciance de sa jeunesse. Dans cette enquête tortueuse elle finira par y entrainer son ex-mari, journaliste survivant d’un cancer, et sa fille, jeune ado délurée qui s’invente détective pour l’occasion.


Cette enquête les mènera à une vieille tante encore vivante ( plus pour longtemps !),  à une confrérie dont il ne reste que peu de survivants et qui semble avoir gardé un sombre et lourd secret. Pendant ce temps là le Lynx  épie, et tue en silence. Car dans ce roman le chasseur n’est pas forcément celui qu’on croit.


« Maudite soit elle » est un thriller de facture classique, bien maîtrisé. Des chapitres courts pour imprimer le rythme, des dialogues nombreux mais brefs pour inscrire l’action dans le présent alors que l’histoire enchaine des flashbacks pour poser au fil des pages les éléments constitutifs du drame, et parfois, une approche cinématographique originale de l’histoire. La plume de l’auteur se fait par moment caméra et opère  des travelings ou des plans zoomés sur des détails que ne voit pas l’héroïne, sur des scènes qu’elle ne vit pas.


Voilà donc un roman respectueux des codes du genre. A aucun moment celui ci ne compteLynx1.jpg de temps mort,  le scénario plutôt équilibré ne souffre pas de faiblesse, et le lecteur n’arrivera pas à déduire lui-même le pêché originel qui conduit à ces morts.


Pour autant, je n’ai pas été totalement conquis par ce roman. Je trouve qu’il lui manque une âme, une saveur,  ce petit quelque chose qui fait que l’on adhère et qu’on se laisse capturer par l’auteur, et amener où bon lui semble.


J’ai eu du mal à m’attacher au personnage de Nathalie, et encore plus à son mari et à sa fille, dont la présence n’apporte finalement pas grand chose au roman si ce n'est de disperser  l’intérêt que l’on pourrait porter au personnage principal.


A ce manque d’empathie pour l’héroïne s’ajoute le déroulement de l’histoire, fait d’une succession de visites de lieux et de personnages, de passage en revue de points de vue, qui n’arrivent pas à entretenir un suspens angoissant que je n’ai d’ailleurs pas vraiment ressenti au fil des pages. Pourtant l'histoire du tueur et son parcours elle, est interessante.


Enfin, le final aurait peut être gagné en efficacité s’il avait été dispensé de l’apparition soudaine d’un élément qui, sans doute visait à rajouter du spectaculaire et de l’angoisse mais qui n’aura fait qu’altérer la crédibilité d'un dénouement pourtant bien amené jusque là.


Vincent DesombreCes réserves formulées, n’oublions pas qu’il s’agit d’un premier roman, et que celui-ci témoigne malgré tout d’une imagination créative évidente chez cet auteur.

 

La lecture de ce roman n’a d’ailleurs pas été sans me rappeler un autre écrivain, que j’avais lu et apprécié il y a quelques années, Laurent Botti, dont je trouve l’univers assez proche.


Vincent Desombre  a des choses à dire et il sait raconter une histoire, c’est évident.Sortir un premier roman oblige sans doute à respecter les codes avant de pouvoir s’en affranchir, et user aussi de petites recettes qui ont assuré le succès d’autres avant lui.

 

Ce premier roman s’il souffre des quelques défauts évoqués, reste malgré tout agréable à lire. Nul doute qu’avec le temps son écriture se patinera d’expérience et qu’il sera un auteur à suivre dans les prochaines années.

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Published by La petite souris - dans Auteurs Français
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 08:39

FRANCOISE LAURENT

 EDITIONS KRAKOEN

 

dans-loeil-du-gabianJe suppose que vous êtes de ceux qui s’imaginent qu’une fois la retraite arrivée, après avoir trimé pendant des années, vous allez pouvoir vous la couler douce !

 

Faire rimer celle-ci avec  fête, pastis et cacahuètes avec la famille et les potes !! tout ca en vous tenant bien loin des problèmes ! Ne pas se compliquer la vie, juste finir de la siroter au soleil !

 

Un peu comme Gégé quoi !! Car  Gégé il est comme ca ! Bonhomme qui n’est heureux qu’entourer des siens et des copains !

 

 C’est d’ailleurs dans cette optique  que tous se retrouvent en ce week end Pascal autour d’un barbecue, pour partager un moment agréable en s’humectant la glotte de bons vins, et en se remplissant la panse de bonnes victuailles. Nous y retrouvons Gégé donc, mais aussi Arthur son fils accompagné de sa femme Capucine et de ses triplés, Jessica et Annabelle, et enfin Jean Baptiste, un prof mis à pied pour avoir eu l’outrecuidance de gifler un de ses élèves.leGrau.jpg

 

 Cela aurait du se résumer à une paisible et agréable journée sous le soleil de Méditerranée.

 

 Mais que voulez vous, il en va des oreilles comme des tuiles, ca vous tombe dessus sans crier gare !  Comme ca, en plein sur votre poisson en train griller ! Et forcément, ca altère le goût et la saveur de la bonne chair !

 

Maudits Gabians ! Ces satanées bestioles, espèce de rats volants qui bectent tout ce qu’ils trouvent, qui vous explosent les tympans de leurs cris stridents et qui lorgnent sur votre repas !! Il fallait que l’un d’entre eux vienne gâcher la fête en lâchant inopinément ce morceau d’oreille en survolant les convives !  La poisse qui vous tombe dessus comme une fiente sur vos pompes toutes neuves !

 

D’autant qu’il ne faudra pas beaucoup de temps pour s’apercevoir que cet appendice auditif appartient à Denis, un gars investi dans la défense des oiseaux justement ! Drôle de reconnaissance de la part de ces foutus volatiles !

gabianEt voilà comment une petite réunion festive va prendre une tournure qu’aucun des convives,  pas même Gégé , n’aurait pu prévoir ! Car si nous sommes au Grau du Roi, en Languedoc Roussillon, c’est bien à une sacrée bouillabaisse que nous convie l’auteur.

 

Le lecteur va se retrouver au milieu d’une bande de loulous qui parlent tout le temps, se chamaillent, tentent de manger un bout d’gras sans jamais pouvoir y parvenir, et qui, entre deux couches-culottes et les biberons,  se retrouvent à jouer à un cluedo géant dont ils ne maitrisent pas toute les cartes. A cela s’ajoute des gendarmes métronomes qui apparaissent et disparaissent du décor comme des Dupont belges, et vous aurez une idée de la comédie que nous offre Françoise Laurent.

 

C’est plein de soleil, ca résonne de l’accent du sud, pour un peu on entendrait presque les cigales. Mais pourtant ne vous méprenez pas. Il ne s’agit pas là d’un roman pagnolesque, mais bien d’un polar. Derrière ce théâtre lumineux du sud de la France, derrière cet univers joyeux, se cache une histoire particulièrement sombre qui égrènera les cadavres au fur et à mesure que le lecteur en parcourra la trame.

 

Des personnages pour le moins pittoresques, et ce gabian borgne qui impose sa présence.Françoise laurent Oiseau de mauvais augure, vorace animal prêt à se jeter sur plus faible que lui pour le mettre en pièce, à sauter sur la moindre occasion pour se repaître. Et cet œil, unique, froid, qui observe. Un œil comme un regard tourné vers les hommes et qui  renvoie à leur propre barbarie.

 

Françoise Laurent signe là un roman riche en couleurs et plein de verve. Une histoire qui part dans tous les sens comme une balle de flipper, à l’image de ces vies ballotées, qui  révèlent au fil de l’histoire leurs faiblesses, leurs failles, et leur part d'ombre, racontée par un Gégé un peu dépassé, tantot lyrique et plein d'humour, tantôt acerbe et corrosif à l'égard de ses semblables.

 

 

Un  bon petit bouquin ( par la taille) qu’il convient de découvrir !

 

C’est aux Editions Krakoen et ca ne coute que 11 euros !

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 11:58

        GILLES BORNAIS

EDITIONS PASCAL GALLODE

 

le trésor de grahamIl était dit  cette année que je visiterai la capitale anglaise ! Après le Londres des années quarante, de la pénurie et des bombardements allemands,  à travers «  une mort absurde » de Laura Wilson, voici celui de la seconde moitié du XIXe siècle, avec  l’histoire du «  Trésor de Graham » de Gilles BORNAIS, publié aux éditions Pascal GALLODE, dont il est question aujourd’hui.


Dans ce roman nous retrouvons des personnages récurrents d’une partie de l’œuvre de l’auteur, qui se situe, pour nombre de ses livres, dans ce Londres besogneux qui  a entamé sa révolution industrielle.


Graham Gaines allait être pendu dans quatre jours et il souriait. Pour la première fois de sa vie, les lignes de son visage exprimaient le bonheur.

Le maton …/… trouvait ca louche, la joie pareille d’un condamné si peu de temps avant la corde.

- C’est juste sa vie qui finit bien, expliquai-je

- Comment qu’elle peut bien finir, on le pend dans quatre jours ?

- Elle a commencé par une mauvaise nouvelle et elle s’achève par une très bonne.


Cette explication, c’est Joe Hockney , détective de Scotland Yard qui la fournit. Ce21_london_docks.jpg n’est pas pour savourer les derniers instants d’un homme qu’il aurait lui-même arrêté et fait condamner qui justifie sa présence à ses côtés.

 

Graham est en fait son ami. Il a grandi avec lui, mais  ce dernier est aujourd’hui condamné à la peine capitale pour meurtre. Et s'il est là, c'est pour rendre compte du résultat d'une dernière requette que son ami avait formulé.


En effet, quelques jours plus tôt, Graham lui avait confié la tâche de mettre la main sur un magot de 17.000 guinées qu’il avait caché vingt ans plus tôt et qui lui a été dérobé. Cet argent dont il n’aura plus besoin, Il est prêt à le laisser à Joe pour peu que  celui-ci arrive à découvrir avant son exécution, l’identité de celui qui l’a spolié et à remettre la main sur le magot subtilisé.


Pour le policier cette requête est une  révélation stupéfiante. Il comprend en effet que cet argent est en fait une partie du butin d’un casse, qui à l’époque avait mal tourné et qui avait mis fin à la bande des Débardeurs à laquelle ils appartenaient tous les deux. Un secret bien gardé jusqu’ici que personne ne soupçonnait.


embankment_1873_500px.jpgCette histoire  va donc projeter  Joe des années en arrière. Une époque où lui aussi était un malfrat avant que sa vie ne prenne finalement un autre chemin. Mais les souvenirs sont encore là , bien vivaces, pour se rappeler ce temps partagé avec Graham au sein de cette bande de lascars qu’ils formaient  avec quelques autres. Une période périlleuse, excitante,  où ils constituaient un groupe soudé, presque une famille.


Cette bande, Joe va devoir la réunir pour mener à bien cette ultime mission que lui confie Graham, comme une dernière volonté à exhausser.


Les voilà donc à nouveau réunis : Ashby, indique de son état, Clovis qui travaille aux abattoirs, Millie l’entraîneuse, Janet , auteur de feuilletons pour les journaux, et Nudge, devenu entrepreneur, patron d’une entreprise de ferronnerie.


 En plongeant dans leurs souvenirs d’enfance ils vont se lancer dans la quête d’une vérité qui mettra à jour bien des zones d’ombres dans l’histoire de cette bande pourtant si soudée à l’époque. En s’arrêtant ainsi sur leur parcours et en creusant leur passé, ils vont porter un regard différent sur chacun d’entre eux, moins conciliant, plus soupçonneux, et découvrir que leur vécu commun portait déjà en soi les germes de l’éclatement du groupe qui ne manqua pas d’intervenir quelques années plus tard.


Gilles Bornais s’attardera longuement sur le portrait de chacun de ces personnages. Portrait55321408_p.jpg attachant, poignant parfois, de ces gavroches des rues qui n’ont que leur liberté comme étendard. Des personnages avec leurs faiblesses, leurs fêlures, mais avec cette force aussi que procure le groupe, cette vie partagée où chacun est l’égal de l’autre, mais dont les choix personnels ne seront pas sans conséquence pour celui-ci.


Pour qui aime le cinéma, la lecture du «  trésor de Graham » ne sera pas sans rappeler le chef d’œuvre de Sergio Leone « Il était une fois en Amérique » (qui se trouve être MON film culte !), auquel  il me fait immanquablement penser.


  L’histoire d’une bande de jeunes qui partagent leur insouciance et leur volonté farouche de dompter la vie et de la façonner à leur envie. De ne rien attendre d’elle, mais de se servir et vivre au jour le jour, se forgeant leurs propres règles pour s’affranchir du monde qui les rejette, et s’offrir un espace de liberté sans limites. Une histoire où tous n’iront pas au terme de leurs aventures partagées. Car cette liberté  peut parfois se payer au pris fort, au point de laisser l’un d’entre eux sur le carreau.


Bornais.jpgLe lecteur suivra donc l’ascension de ces jeunes des quartiers pauvres de Londres, qui vont gravir un à un les échelons de la délinquance, de la rapine au vol organisé en passant par les cambriolages. Une histoire qui mêle amour et amitié, et où la trahison se cache tapie dans les recoins de cette relation fusionnelle qui anime la bande.


Gilles Bornais arrive parfaitement à retranscrire cette atmosphère de ce Londres grouillant de vie et d’activités, à brosser le contour sociale de cette société en pleine mutation et nous offre un roman plein d’humanité.  Une belle histoire d’aventure pour laquelle il ne manquerait qu’une bande son pour achever de transporter le lecteur dans une époque qu’il connait  mal et qui pourtant offre un décor admirable à cette comédie humaine.

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 10:49

RACHID SANTANKI

 EDITIONS POINTS

 

les anges s'habillent en caillera1La banlieue. En quelques années et en quelques romans , elle est devenue une source d'inspiration, une terre d'exploration pour le roman noir français.

 

«  Les anges s'habillent en caillera » de Rachid Santaki offre la particularité d'avoir été écrit par un enfant de la cité. Un fils de ces banlieues tant décriées, où les stéréotypes les concernant sont tellement ancrées dans l'imaginaire collectif qu'il est difficile de croire qu'un jeune qui y grandit puisse s'y construire un avenir autre que celui qui plonge ses racines dans le trafic et la violence, et finit par se faner à l'ombre de barreaux métalliques.

 

Pourtant Rachid Santaki, a bien suivi un autre chemin. Et le sien est un parcours militant, une lutte pour que l'écriture et la lecture s'épanouissent dans la banlieue, que la musique et le sport y apportent des possibles aux jeunes sans repères . Son combat c'est celui de l'expression, du dire, du faire, pour que les jeunes de ces quartiers puissent conjuguer le verbe exister . Un combat permanent.

 

La cité il l'a vit de l’intérieur. Qui mieux que lui pouvait en parler avec des mots qui cognentc.jpg comme des coups de poing à travers un livre qui n'est ni un plaidoyer pour les banlieues, ni un pamphlet contre la misère de ces quartiers, mais juste un roman qui s'inspire de la vie d'un de ces jeunes qui tournent mal , et qui a peut être pour mérite de montrer que derrière le voyou ou le flic ripoux se cache d'abord un homme tombé dans le vide.

 

On le surnomme «  Le Marseillais », il est jeune, et jouit une belle notoriété dans son quartier. Ilyes fait partie de ces jeunes de cité qui veulent tout , tout de suite. Se faire de l'argent, le plus vite possible, pour asseoir sa réputation et se forger une place dans la cité. Mais Ilyes, lui, veut être au plus haut dans l'échelle. Et pour çà , il en a le talent et l'intelligence. Sa spécialité, le vol de cartes bleues et le craquage des codes, pour convertir à coup sûr son forfait en milliers d'euros.

 

AMais au moment où nous faisons connaissance avec lui, Ilyes sort de prison. Tombé à cause d'une balance. Alors il a les nerfs et rumine sa vengeance. Et quand avec l'aide d'un caïd de la cité et de ses complices serbes il met la main sur celui qui a causé sa chute, la dette se paiera dans le sang. Mais au moment où Ilyes tue celui qui l'a trahi, les flics surgissent de nulle part.

 

Stop. Flash back. On rembobine l'histoire de sa vie,on revient sur son parcours,on l'accompagne sur le chemin de son destin. Un destin désiré, revendiqué et décidé. Parce que le crime paie, et plutôt grassement. Parce que tout est facile. Il suffit d'évaluer les risques et le cas échéant de savoir courir vite. Ilyes fait son apprentissage à l'ombre des plus aguerris que lui, mais trouve sa propre voie, son style. Ilyes devient « Le Marseillais » et gagne en renom et en estime parmi les siens. C' est devenu un as. Il compte dans la cité.

 

Mais ce que « Le Marseillais » a oublié, c'est que la vie est loin d'être manichéenne. Quecaillera l'argent ne fascine pas que les voyous, que pour un magot dont cherche à mettre la main dessus, tous les coups sont permis et peuvent venir de n'importe où.

 

Rachid Santanki dresse une galerie de personnages hors du commun. Loin des stéréotypes, il nous plonge dans les relations incestueuses entre flics et voyous, où derrière la façade se cache une réalité différente, faites de coups bas, de compromissions,de racket ,de lutte de territoire et de marchés. Il nous fait vivre de l’intérieur une cité ou une cellule de prison et découvre au lecteur une chose insensée, que derrière la crapule se cache d'abord un être humain.

 

Parmi eux Stéphane, un flic violent, compromis , et usé. Un homme orphelin de l'amour maternel qui s'est construit avec un vide dans le cœur. Et quand il rencontre l'amour, il tombe à genou.

 

SANTAKI«  Les anges s'habillent en caillera » est un roman sombre, violent, une histoire qui mêle argent, boxe, flics ripoux, balances,et le tout rythmé au son du Hip hop.

 

L'auteur est un militant je l'ai dit. Lors de la sortie de son livre il a sillonné les cités pour en faire la promotion, en sillonnant le 93 à bord de sa camionnette à la rencontre des habitants. Car ce roman, c'est le leur.

 

Indéniablement l'un des meilleurs romans sur la banlieue, grande oubliée de ces prochaines élections présidentielles.

 

A noter qu'au moment où sort « Les anges s'habillent en caillera » en format poche, l'auteur sort son nouveau roman chez Moisson Rouge , «  Des chiffres et des litres ».

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 22:24

INGRID ASTIER

FOLIO POLICIER

 

quai des enfersLa Seine. Ses couleurs, sa nonchalance, ses péniches engourdies et ses  bateaux-mouches  qui glissent leurs cohortes de touristes à fleur d’eau, le long de ses berges, parfois d’une plage éphémère.


Bijou d’argent au cou d’une capitale romantique, fleuve aristocrate habillé de ses lumières pour briller comme un diadème  dans les rétines des amoureux, fleuve magique et rayonnant qui  inspire le poète et le peintre, la Seine s’offre à Paris.


Mais aussi belle que puisse être la parure, celle ci peut aussi se transformer en un serpent d’eau capable d’enserrer la ville et d’avaler tout ce que celle ci porte en elle de plus sombre : Ces corps que l’on quitte et qu’on lui abandonne en refusant cette condamnation à vivre reçue à la naissance,  ceux démembrés comme une poupée , vidés de cette humanité que des âmes malades exècrent.


La Seine avale, charrie et nettoie. Mais elle garde en elle, dans sa vase endormie, la mémoire des perversités humaines et la désespérance des Hommes.


Ce fleuve, Rémi Julian le connait bien. Il lui voue une affection toute particulière et en connait les moindres recoins. C’est là qu’il exerce ses fonctions. A la brigade fluviale. Là qu’inlassablement il sillonne les méandres de ce cours d’eau à la recherche de ce que les hommes cherchent à cacher, à celle de ce que d’autres offrent en sacrifice de leur mal être pour disparaître.


Mais ce que recèle ce fleuve capital reste souvent caché des vivants, et seuls les plongeurs deParis Seine la fluviale peuvent faire le lien entre le monde des hommes et celui de l’oubli.


Et en cette période de Noël où l’hiver a pris ses quartiers dans la ville, Rémi et son équipe espèrent repousser chaque jour le moment fatidique où il faudra plonger dans l’eau glaciale pour récupérer un corps sans vie, gonflé comme une baudruche, qu’il faudra bien saisir à bras le corps pour le remonter à la surface ;l ’instant où il faudra surmonter sa peur quand le plongeur sentira contre sa peau celle des gardiens du lieu, imposants fantômes, silures magnifiques, dont on ne sait jamais s’ils vous frôlent pour vous mettre en garde ou vous attirer vers le fond de l’abîme.


Quand la patrouille est appelée à rejoindre la berge en face du 36 quais des orfèvres, la trêve semble bien terminée. En arrivant sur les lieux une barque attend d’offrir son macabre présent. Sous un linceul le corps d’une femme, figée dans la mort, atrocement mutilée.


Pour Rémi et ses collègues, la pire soirée qui soit. Malgré les outrages on devine la beauté qui fut celle de la victime.


Brigade-fluviale.jpgLes collègues du 36 prennent la relève, sous la houlette de Jo Desprez, tandis que Rémi reste hanté par cette beauté assassinée.


L’enquête va emmener les policiers de la Crime à la suite d’un parfumeur avant de graviter autour du milieu de la mode et d’un artiste excentrique. Pour autant, la descente en eaux troubles ne fait que commencer, car très vite d’autres cadavres accostent sur les berges.


Ingrid ASTIER, signe là son tout premier roman noir. Et ce livre m’a plu, disons le d’entrée, mais pas sans quelques nuances.


 On sent bien que l’auteur s’est appliquée, a fait un vrai travail de recherche et fignolé dans le moindre détail son récit. Respectant les codes du thriller, elle livre une histoire certes efficace, mais qui, à trop respecter les  ficelles du genre, nous donne un roman à qui il manque un peu de souffle. Le scénario pourra paraître classique à certain, et quelques uns des personnages auraient gagné à un peu plus d’épaisseur.


Pour autant ce premier roman ne manque pas d’intérêt. Ingrid Astier nous offre desastier.jpeg passages magnifiques sur cette Seine onirique et la capitale qu’elle traverse. Le lecteur découvre des personnages originaux, vivants le long de ce fleuve, dont les touristes ne soupçonnent même pas l’existence.


Il n’y a pas véritablement de personnage principal dans ce roman. L’intérêt  du lecteur  se porte au grès du roulis de l’histoire, tantôt vers Rémi Julian de la fluviale, tantôt sur le commandant Desprez et ses hommes, laissant finalement le rôle principal à ce fleuve à la fois si attirant et si angoissant.


Pour un premier roman Ingrid ASTIER atteint son objectif, réussissant à introduire dans ce thriller des saveurs et des odeurs dans un scénario qui tourne pourtant autour de situation particulièrement glauques, et ce n’est pas là, le moindre de ses mérites.


 

Mon ami Yan a également lu le livre, il en parle ici : link

 

crédit photo N°1 : Olivier FFRENCH

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 18:51

PASCAL GARNIER

Editions POINTS

 

la theorie du panda«  La théorie du panda » est le second roman de Pascal Garnier chroniqué sur PASSION POLAR en l’espace de quelques semaines. Je ne peux m’empêcher, en refermant celui-ci, de penser combien la mort peut être une confiscation pour les vivants. 


Celle d’un auteur par exemple, qui en cette période de déliquescence citoyenne, où l’on nous explique qu’il nous faut plus de libéralisme pour lutter contre les méfaits de celui-ci,  où en période de soldes, il est permis de décocher quelques mandales à la face d’un gamin plus rapide que soi pour mettre la main sur le dernier écran plat bradé à l’ouverture du magasin , ou qui veut encore,  lorsqu’un bateau coule qu' on sauve d’abord le capitaine.


 Bref, le père Garnier aurait sans doute encore eu plaisir à croquer les travers de ses semblables, à relever toute la noirceur de cette société qui court droit dans un mur les yeux grands ouverts.


Et de noirceur il en est question dans « La théorie du panda ». Autant «  Lune captive dans un œil mort » était caustique à l’endroit de l’homme moderne enfermé dans sa bulle sécuritaire, autant celui-ci touche à ce que l’homme peut avoir de plus sombre en lui. L’un était d’un humour grinçant et acide, celui-ci touche au désespoir qui peut parfois s’inscrire en filigrane de nos existences.


Il est arrivé sur le quai, son sac sur l’épaule. Le genre d’homme qui se fond dans le décor, qui passe inaperçu. Une ombre parmi les ombres. Il ne dit rien, n’est curieux de rien et ne demande rien. Il est juste de passage. Pour un jour ou deux,  un peu plus peut être.


Il en va des gens qui traversent nos vies comme des étoiles filantes qui déchirent le ciel : un passage fugace qu’on saisit à peine. Mais parfois  quelques uns retiennent l’attention.


C’est le cas pour Gabriel, c’est son nom, qui rentre dans vos vies juste en poussant la porte, sans effraction. De ces êtres dont la simple présence vous rassure, vous met en confiance, vous libère de vos secrets et vous pousse à vous livrer.


Le genre d’individu qui apporte, par de petits gestes, un peu de lumière sur une vie routinière qui a perdu au fil du temps sa saveur et son sens. C’est José le patron du bar restaurant, esseulé depuis que sa femme est hospitalisée pour qui il fera quelques repas qu’ils partageront ensemble. De Madeleine, la réceptionniste de l’hôtel où il a pris une chambre, qu’il emmènera au restaurant et qui tombera secrètement amoureuse de lui. De Rita et Marco, un jeune couple à qui il rachètera un vieux saxophone pour qu’ils se fassent un peu d’argent, et qu’il offrira aux jeunes enfants de José. Tout ce petit monde se retrouve à partager des miettes de bonheur.


Il y a ce panda. Cet énorme ours en peluche que Gabriel a gagné à la foire et qui trône sur legarnier.p bar de José. Un ours figé dans un sourire perpétuel. Témoin heureux de ces instants partagés, ou moqueur de ce qui semble n’être qu’un fétu de bonheur condamné à partir en fumée ?


Car dans cette douceur partagée, quelque chose est bancal. Gabriel ne se livre pas. Pourtant il pense, se rappelle, des bribes d’une vie qui fut la sienne, une vie explosée dont il porte les séquelles et dont il est un survivant.


Un survivant au milieu de condamnés en sursis. Car le bonheur est une peine, une condamnation qui peut être capitale. Gabriel lui, n’est plus que de passage. Dans les lieux qu’il traverse, dans la vie. Sur son dos son sac, ses failles et le gouffre abyssale d’une souffrance dont il ne peut se délester et qui le reste vivant.


« Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve »chantait Gainsbourg,.... quitte en payer le prix.

 

Encore une fois je suis conquis par cet auteur qui a laisse une grande place vide derrière lui.

 

Un auteur à avoir impérativement dans sa bibliothèque.

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