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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 16:35

Jean Bernard POUY

Editions DE LA BRANCHE

 

samedi 14Jean Bernard POUY. Pour qui possède un minimum de connaissance en littérature policière française, ce nom ne peut pas laisser indifférent. Jean Bernard est un auteur incontournable dans le paysage du polar français, un pilier de cette culture littéraire qui donne au genre français toute son originalité et sa vitalité.


 dcri.pngJ’avais découvert l’imagination délirante de cet auteur avec son livre «  la clé des mensonges » il y a un an ou deux. J’avais beaucoup aimé même si ce n’est pas son meilleur roman ( Il faut dire que le bougre écrit beaucoup !), j’en ai lu d’autres depuis qui m’ont fait classer cet écrivain parmi ceux j’apprécie le plus. Un humour corrosif, une plume parfois acerbe, un écrivain qui sait se jouer des travers de nos sociétés modernes.


A l’occasion de la création d’une nouvelle collection aux éditions de La Branche consacrée au genre, et dirigée par Patrick Raynald , le roman «  Samedi 14 »  de Jean Bernard POUY est l’un des trois premiers opus de cette collection à paraître ( avec «  l’arcane sans nom » de Pierre Bordage, et « Close up » de Michel Quint, deux romans qui seront aussi chroniqués sur Passion Polar d’ici peu).


Les vendredis 13 c’est comme les crottes de chiens. Soit ca vous porte chance, soit ca vous amène la chienlit comme le disait un certain général. Pour  Maurice Lenoir, un paisible retraité, c’est plutôt la mauvaise pioche, celle des emmerdes qui vont se coller à ses basks . Et la chienlit va prendre la forme d’un macaron tricolore, de gyrophares et d’un bleu outrage façon tsunami.


Qui aurait pu penser qu’une décision prise au plus haut niveau de l’état allait allumer lapolice4 mèche d’une bombe à retardement dans cette petite commune de la Creuse où s’est installé depuis quelques temps Maurice Lenoir.  Quand les gendarmes déboulent comme un pitbull dans un bac à sable pour enfant, c’est son univers simple et ordonné de retraité qu’on bouscule et  foule au pied. Raison d’état oblige, son appartement est fouillé de fond en combles.


Car Maurice Lenoir va apprendre que le fils de ses sympathiques voisins, deux petits vieux sans histoire avec qui il aime à partager quelques moments autour d’un petit verre, a eu la géniale idée de se faire nommer Ministre de l’Intérieur, ni plus ni moins ! Alors forcément, ses parents deviennent une cible potentielle qu’il faut entourer d’une bulle sécuritaire.


Mais pour Maurice, c’est le début des ennuis. Se montrant peu coopératif avec les flics, ceux-ci ne manquent pas de l’emmener au poste quand ils découvrent au fond de son petit jardin quelques plans de cannabis pour sa consommation personnelle. Déposition et tout le tralala, le petit fretin est pourtant bien remonté dans les filets de la flicaille et promis à l' autorité judiciaire.


fuite2Petit ? Pas si sûr. Avant que les flics ne s’en rendent compte, profitant que sa cellule ne soit pas fermée à clé, Maurice prend la poudre d’escampette et s’évapore dans la nature… avant de réapparaitre chez lui. Afin de ne pas ébruiter la bavure du fonctionnaire l’ayant laissé sans surveillance, la police décide de passer l’éponge contre le silence de Maurice.


Mais pour Maurice, il est trop tard. Il ne fallait pas lui chercher des noises ! Marcher sur ses plates bandes et ses fleurs du mal. Les bons comptes faisant toujours les bons amis, Maurice est du genre à toujours régler les siens.  Et la police et le gouvernement vont très vite l’apprendre à leurs dépends.


Car Maurice, n’est pas un retraité. Il ne s’appelle d’ailleurs pas Maurice.  Des médias, et de toutes les polices de France et de Navarre il est connu sous le nom de Maxime Gerland, l’homme le plus recherché du pays. Car notre retraité n’est ni plus ni moins qu’un ancien terroriste ! Il est décidé à reprendre du service.


Jean Bernard Pouy signe là un roman truculent, truffé d’humour et de bons mots, plaisant à lire.Là où un autre s’enfoncerait dans une histoire de règlement de compte sanglant, Jean Bernard Pouy préfère donner à son personnage principal d’autres armes, tout aussi redoutables et destructrices, surtout pour la classe politique, que des revolvers  et des bombes.


Ne pensez vous pas par exemple que si la presse publiait des photos de ce terroriste recherché par toute les polices d’Europe avec à son bras une jeune femme amoureuse, et  que cette jeune femme soit la fille du ministre de l’intérieur en personne, ne pensez vous pas disais-je quePouy1 cela serait du meilleur effet sur la carrière du dit ministre ?  Sans doute ! Et bien c’est ce genre de grenade d’images et de mots que Maxime lance à ses poursuivants, et qui explosent avant même qu’ils aient pu les attraper.


Et il a plus d’un tour dans sa besace le dur à cuir !


Dans ce petit roman efficace, la police et nos gouvernants en prennent pour leur grade ! D’ailleurs il n’est pas bon être policier sous la plume de Jean bernard POUY qui ne manque pas de railler les incompétences, l’autoritarisme, les magouilles et les combines sur lesquels Maxime Gerlan, activiste d’extrême gauche, que l'on suit dans sa fuite et que l'on finit par adorer,  ne manquera pas de s’appuyer pour arriver à ses fins !


 Ce roman démarre un vendredi 13 mais il explose un samedi 14 , comme un feu d’artifice un jour de fête nationale. Et la fête de Maxime est plutôt reussie!

 

Les avis des copains :

 

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Le grenier à livre: link

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 15:38

ZOLMA

EDITIONS JIGAL

 


 

zolmaAprès avoir découvert l’année dernière Maurice GOUIRAN aux Editions JIGAL et être tombé sous le charme de sa plume et de son sens de la narration, me voilà à faire la connaissance d’un second auteur de cette sympathique maison d’Edition marseillaise  qui , sous le dynamisme de Jimmy GALLIER, fait rayonner à travers l’hexagone l’écriture pleine de soleil des auteurs du sud.


Zolma, c’est son nom, signe avec «  Lily en eaux troubles » son troisième roman. Je n’ai donc pas lu ses deux premiers opus, mais son personnage féminin autour duquel il bâtit son histoire semble être  récurrent dans son œuvre.  Elle s’appelle donc Lily….


Lily est détective privée. Indépendante et sûre d’elle, elle trace son sillon dans un métier où elle doit pousser des coudes pour se faire une place au milieu de ses confrères masculins.  Cahin caha sa petite entreprise parvient à s’inscrire dans l’univers de la profession. Ses dernières affaires lui permettent même de regarder l’avenir sereinement. C’est sans doute pour cela qu’elle accepte finalement de s’occuper d’une femme qui la sollicite depuis Avignon, pour enquêter sur le suicide de son mari. 


Cécile Vuillet est en effet effondrée depuis la mort de Thierry, son compagnon. Chimiste etlaboratoirel co-fondateur d’un laboratoire florissant qui ne cessait de prospérer et de grandir, Thierry s’est en effet donné la mort en se pendant dans un cabanon abandonné.

 

Pour sa femme, cela n’est pas concevable. Mais pour les proches, il est souvent difficile d’admettre la réalité crue d’une souffrance qu’ils n’ont pas su deviner.


Même pour Lily les faits ne semblent pas démentir la théorie des policiers qu’elle ne manque pas d’interroger.


Tout semble donc coller, et même l’examen du lieu où Thierry s’est donné la mort ne recèle pas le moindre indice pouvant remettre en cause la version officielle. Pourtant, un ou deux petits détails taraudent l’esprit de Lily. Et ces détails, ces petits grains d’alluvion,  vont finir par gripper un raisonnement jusque là parfaitement cohérent. Et le voile que va finir par lever Lily mettra au jour une affaire des plus sombres.


Entourée de son ami Phil, un anar de la première heure, et de Victor un médecin à la retraite, Lily va en effet commencer à remuer une boue nauséabonde et putride.


hgtCar très vite au suicide de Thierry s’ajoute la disparition inquiétante de prostituées biélorusses. Et quand on retrouvera le corps sans vie de l’une d’entre elles, c’est Victor , qui était chargé de sa surveillance,  qui se retrouve accusé de meurtre et incarcéré.


L’histoire se complique donc pour Lily. D’autant qu’elle s’emmourache comme une midinette de Werner Ruiz, le Pdg de la société que Thierry avait fondée avec lui. Beau gosse et avenant, un homme qui a eu la bonne idée de rester célibataire, et d’avoir  le bon goût de ne pas être insensible à son charme. Notre détective ne tardera pas à occuper l’appartement du beau célibataire.


Entre disparitions, meurtres, chantage et pollution industrielle, Lily navigue dans des eaux potentiellement dangereuses.


Autant Maurice Gouiran s’attache à explorer les recoins obscurs de notre histoire, autant Zolma s’intéresse lui aux faits de société. Il nous livre ici  un roman de bonne facture, bien ficelé.


Cependant, alors que Maurice Gouiran avait su m’embarquer dans son histoire, Zolma lui nezolma.jpg parvient pas vraiment à me faire lâcher prise et à m’emporter à la suite de son personnage principal.


Pourtant indiscutablement cet écrivain a une belle plume, un sens de l’humour redoutable et le portrait qu’il dresse de ses personnages est pour le moins original et captivant.

 

Mais est ce parce qu’il s’attaque à un sujet déjà mainte fois traité, par la télé ou le cinéma en général ou par la littérature en particulier ? Est-ce parce que certains rouages de son scénario sont assez prévisibles que j'ai eu du mal à me plonger véritablement dans ces eaux troubles?

 

Pourtant le sujet reste d'actualité. Il n'y a qu'à faire une petite recherche sur un moteur de recherche pour découvrir cette réalité que ne manque pas de dénoncer l'auteur dans son roman.


En tout cas, malgré cette petite reserve, je ne regrette pas la découverte de l’auteur ni de l’aventure qu’il m’a proposée. Le talent est là, c’est certain, et je ne me suis pas ennuiyé à sa lecture.

 

 Un roman solide et efficace, très bien maîtrisé, trop peut être, mais suffisamment bon pour qu’il me donne envie de découvrir les autres romans de Zolma.


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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 15:49

ORIN

Editions KIROGRAPHAIRES

 

tankEn refermant ce roman je me suis posé deux questions surprenantes : qu’est ce que je venais de lire ??? Pas vraiment un polar, encore moins un thriller. Et où étais je passé ?

 

Pour un peu j’ai eu l’impression d’être un auto-stoppeur-lecteur, embarqué dans une voiture conduite par un narrateur inconnu et fou furieux, me plongeant dans un tunnel du périphérique parisien , ennivré de la vitesse, où les lumières défilaient sous mes yeux à m’en étourdir  les sens,  et les bruits confinés dans un acouphène qui me maintenait dans une sorte d’apnée littéraire.

 

Et de me retrouver au bord d’un trottoir, le pouce encore en l’air à solliciter une ballade littéraire sans trop savoir par où je venais déjà d’en passer.

 

Tank est un roman atypique. Un titre qui claque comme un obus par un auteur dont le nom n’a rien de mythologique ( cf l’interview de mon ami Pierre que vous trouverez en annexe de ce billet), mais dont les quatre lettres expriment la force d’un roc que l’on retrouve dans sa plume.

 

Car c’est au marteau et au burin qu’Orin a écrit son roman !

 

Curieuse rencontre pour moi en tout cas, et une entame des plus singulières. Après avoir baldébuté la lecture de ce livre je l’ai rapidement  refermé. « Non, pas pour moi, je n’accroche pas ». Habituellement je n’ai en la matière aucun remord , et je passe au roman suivant.

 

Mais alors pourquoi je n’arrivais pas à entamer une autre lecture sans repenser à TANK  ? Pourquoi me revenait à l’esprit ce personnage sans nom qui venait courir dans mon imaginaire ? Et pourquoi ce style façon uppercut me revenait en pleine tête alors qu’il ne m’avait pas séduit de prime abord.

 

Il ne me restait plus qu’à reprendre le livre, et d’en redémarrer la lecture depuis le début, en me disant bien cette fois ci que j’étais enfin  prêt à saisir ce roman par les cornes.

 

Car de la poigne il en faut pour traverser ce bouquin, pour coller aux basks de ce personnage insaisissable et sans nom. Un mec pas franchement sympa, pas vraiment mauvais. Mais un mec parfois puant, anar, brutal et misogyne qui ne fuit pas la castagne, voire la recherche plutôt. Le genre de gars pour lequel on réfléchirait à deux fois avant de lui offrir son amitié. D’ailleurs sans doute n’en voudrait il pas et vous cracherait sur votre main tendue.

 

castagneC’est en pissant contre un mur qu’il est devenu journaliste. Le raccourci est sans doute osé me direz vous, pourtant il y a des destins en ligne droite où la limitation de vitesse n’existe pas. Et ca tombe bien car celui de ce personnage est plutôt du genre «  prisa de prisa » .

 

Pas de temps mort, du rythme encore et encore. Et quand on est dans la ligne de mire d’une bande d’allumés d’extrême droite qui n’aime pas qu’on vienne mettre un nez dans leurs affaires, il  vaut mieux ne pas être du genre statique. Etre journaliste à «  Tank » n’est pas une protection, une garantie tout au plus à s’attirer les ennuis. Et dans le genre, il excelle !

 

Cette course poursuite à sauver sa peau, puis celle de son rédacteur en chef qui finira par disparaitre de la circulation en faisant sortir de l’ombre des agents de services français,  ne laisse aucun répit au lecteur.

 

Dans ce roman très  masculin, où la femme est un accessoire, tolérée pour son côté  pratique,orin difficile pour le lecteur de se raccrocher à quelque sentiment que ce soit. Pour autant, ce prénom féminin qui revient comme un leit-motif tout au long du roman, et qui prend la forme d’un souvenir, d’une femme ou d’une voiture imprime en filigrane une légère touche d’humanité à ce personnage qui en manque tant.

 

La décélération de l’histoire intrépide et déjantée de ce personnage en rébellion contre la société, l’ordre établi et ses propres congénères, et peut être et avant tout d’abord contre lui-même, se fera de manière assez brutale. Car au final  nous retrouvons notre narrateur enfin assagi et rangé.

 

Aors que dire de ce roman ? L’ai-je aimé ou non ? Sans doute ai-je du y trouver mon compte pour l’avoir finalement repris dans mes mains et conduit sa lecture à son terme. Mais je crois qu’il y avait longtemps que je n’avais pas rencontré  un roman où paradoxalement le style et l’écriture de l’auteur prend véritablement le dessus sur l’histoire qu’il raconte.

 

Car c’est bien là l’originalité de ce roman, ce qu’il m’en restera sera d’abord cette manière de fouetter les mots parfois à l’excès, et qui percute l’imaginaire de son lecteur. La plume d’Orin est coulée dans l’acier et trempée dans l’acide. Un livre dynamite à manipuler avec précaution.

 

l'avis de mon pote Pierre : link

 

l'interwiew que Pierre a faite de l'auteur link


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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 10:35

 

CLAUDE POUX

Editions BLEU47



la-derniere-seconde-avant-de-mourirLa lecture est toujours une aventure littéraire. Du moins pour celui, qui, tout en se délectant des auteurs connus  et reconnus, prend le temps parfois  de s’intéresser à des écrivains dont le nom ne fait pas encore résonnance, dont la maison d’édition ne possède pas les moyens financiers pour assurer une couverture médiatique importante auprès des différents vecteurs de publicité.


Parfois on repose très vite le livre, tant l’ouvrage est décevant,  parfois, on commence un livre avec circonspection, et puis, peu à peu, l’alchimie des mots et des idées opère, on s’empare de l’histoire et on s’y plonge dedans.


Je ne connaissais pas Claude POUX. Son roman «  une seconde avant de mourir » était pour moi un OLNI ( je traduis ?) jusqu’à ce que je m’aventure dans son univers. Et je dois dire que la découverte fut plutôt surprenante !


Nous sommes à Paris, un temps magnifique, les touristes ont envahi la capitale qu’ils mitraillent de leurs appareils photos.  Entassés dans les bus et les bateaux-mouches ils sillonnent cette capitale qu’ils ont tant rêvée de visiter et si souvent caressée sur le papier glacé des cartes postales.


Au niveau du port de Grenelle une de ces embarcations remonte paisiblement la Seine.  Et Bateau-Mouche.jpgc’est du pont qui l’enjambe que va survenir l’horreur et la mort.


Alors que les gens ne comprennent pas encore ce qu’il leur arrive, des rafales d’armes automatiques arrosent le pont du bateau. Des vitres éclatent, des corps  se déchirent, la mort se répand quand les cris des blessés s’envolent dans les airs parisiens, étouffés par le tumulte de la ville.


L’action est  fulgurante mais l’onde de choc en sera phénoménale ! Elle remonte bien évidemment jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat qui veut savoir d’où vient l’attaque et pourquoi ?


Il n’y a pas plus paniquée qu’une démocratie aveugle.


Frank Casta, un homme désenchanté, déjà brisé par la vie  et peu apprécié de ses propres collègues se retrouve à mener cette enquête périlleuse, dressée sur sa route comme un récif contre lequel sa carrière peut se fracasser à tout instant.


policeIl devra mettre en œuvre tout son flaire d’enquêteur resté intacte, et gérer la pression toujours grandissante venue de ses supérieurs. Car quand survient un second attentat dans un TGV, celle-ci s’exercera avec une férocité sans limite, exacerbée par la guerre que se livrent les services pour avoir la main mise sur l’enquête, au point de conduire à drame supplémentaire.


Claude Poux s’est lancé avec ce scénario dans un exercice particulièrement difficile : entraîner son lecteur dans les méandres d’une enquête où se mêlent enjeux politique, vendetta et guerre des polices,  et ce, sans le perdre au détour d’un rebondissement. En la matière c’est plutôt réussi. Aucun temps mort ne vient altérer le rythme cadencé de ce roman bien enlevé.


Avec un sens de la narration, Claude POUX nous plonge dans les arcanes des rivalités POUX-claude.jpgpolicières et nous dresse le portrait de fonctionnaires désabusés ou avides de reconnaissance confrontés à un ennemi dont ils ne saisissent pas les motivations.


Le dénouement est plutôt surprenant, car dans l’ombre d’une affaire, peut s’en esquisser une autre. Et les raisons de ces actions terroristes sont loin de ce que le lecteur pourra s’imaginer en attaquant les premières pages du livre. Certains pourront être surpris, voire dubitatifs, pour autant  le lecteur sera pris dans un suspens qui ne trouvera son issus que dans les toutes dernières pages, et c’est bien là la qualité première de ce livre.

 

Un bon ptit roman qui mérite en tour cas de rencontrer son public !

 

 




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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 22:03

 

 

  LAURA SADOWSKI

Editions ODILE JACOB

 

 

la geometrie du tueur

 

Voilà un livre qui s’avère  être une très bonne surprise ! Je ne connaissais pas l’auteur avant de parcourir les premières pages de son dernier roman «  La géométrie du tueur », et je découvre un écrivain au style efficace, et à l’imagination machiavélique !


Il arrive parfois que l’on tombe comme ca, sur un livre qui ne fait pas trop parler de lui mais qui au final vous procure un grand plaisir de lecture. Autant dire que j’adore ce genre de surprise et que j’en redemande !


Mathis Clay’h est avocat. Les lustres de sa gloire passée finissent de se dissoudre dans l’alcool, régulièrement affalé sur un banc du tribunal attendant d’être commis d’office pour de petits malfrats arrêtés dans la nuit.  La disparition de sa fille, deux ans plus tôt, a démoli cet homme divorcé qui ne trouve plus dans la vie l’espoir d’un bonheur à partager, et qui  est davantage supporté par l’existence plus qu’il ne s’accroche à elle.


Mais son boulot est l’une des rares choses qui puissent encore faire réagir Mathis. En quand il se retrouve commis auprès de Dante Rémus, un employé de maison accusé d’avoir volé la voiture hors de prix du fils du propriétaire, celui ci va prendre à cœur cette histoire et tout mettre en œuvre pour sortir son client du pétrin dans lequel il vient de se fourvoyer.


 balance.jpgCar très vite, à la simple accusation de vol vont se rajouter des coups et blessures, avant que l’affaire ne se corse davantage encore avec un homicide qui viendra se rajouter aux faits qui sont reprochés au jeune prévenu. Alors, sous l’œil bienveillant de la fidèle et vieille secrétaire, gardienne du glorieux passé paternel, le cabinet va reprendre vie peu à peu et avec lui Mathis Clay’h.


Car dans le même temps, Mathis remarque une présence féminine furtive mais régulière aux abords de son immeuble. Que fait-elle là ? Pourquoi s’enfuit-elle systématiquement quand l’avocat tente de l’approcher ? Ce n’est que lorsqu’il arrive à la piéger que elle ci se dévoile. Et ce qu’il va apprendre va lui donner soudain le sentiment d’être un insecte qui vient de se prendre dans une toile d’araignée ! Car la jeune femme n’est autre que la fille d’un tueur en série qui a défrayé la chronique et qui s’apprête à être jugé.


Laura Sadowski est avocate de profession. C’est dire la maitrise qui est la sienne des rouages de la justice française. Loin des procès spectacles américains, avec une infinie précision, elle entraîne son lecteur dans les coulisses de nos tribunaux et lui fait deviner ce monstre froid et aveugle qui est censé garantir l’équité entre les citoyens, et rendre la justice au nom du peuple.


 Mais à cela s’ajoute  une redoutable narratrice, à l’imagination particulièrement machiavélique comme je l’indiquais en préambule. Non sans un certain plaisir, elle aime à tourmenter son personnage, à le plonger dans une situation paradoxale et cornélienne, à le mettre en torture pour lui faire trouver la force de livrer bataille.


 Car c’est Mathis, cet avocat paumé, imbibé de sa déchéance et de relents d’alcool qu’a choisi ce tueur en série pour le défendre, lui et personne d’autre ! Et pour le convaincre de le faire, il a un argument de poids à offrir à Mathis : sa fille !


Défendre peut être l’assassin de son enfant au risque de le faire libérer, ou perdre le procès et avec lui l’unique espoir de retrouver sa fille disparue, c’est devant ce choix sans solution, cette porte sans issue auxquels se retrouve confronté notre avocat.

 

Chaque réalité porte en elle sa propre géométrie, avec son centre de gravité. Celle du tueur s’articule autour de sa victime à laquelle il s’adapte pour mieux s’en saisir. Celle de l’avocat possède en son centre, une absence, un vide, qu’il comble avec ses affaires de petits malfrats qu’il défend  et qui lui permettent de maintenir son univers dans un équilibre précaire. Certaines en attirent et en avalent d’autres. C’est le cas pour les victimes de ce tueur, mais aussi de l’avocat qui n’aura pas d’autre choix que de défendre l’indéfendable.


La force de Laura Sadowski, c’est la fluidité de son écriture. L’histoire se déroule laura-sadowski.jpgnaturellement sans à coup. On accompagne cet avocat qui remonte progressivement à la surface avec ce jeune employé de maison pour lequel il va réveiller ses talents, pour mieux le voir remettre la tête sous l’eau avec un défi dont il ne peut que ressortir perdant.


Deux histoires qui pour une fois, ne vont pas en faire qu’une, mais vont rester en parallèle, ou tout du moins l’une dans l’ombre de la seconde. Sans doute certains verront-ils un subterfuge pour  installer le lecteur dans une trame, afin de mieux le surprendre  avec ce tueur en série qui surgit brutalement dans le paysage de Mathis. J’aime à penser que la volonté de l’auteur est tout autre, qu’à travers ces deux histoires, l’une ne mets pas l’autre en valeur, mais plutôt en perspective. Qu’il n’y a pas de petits ou grand procès, qu’il n’y a pas de banales ou glorieuses batailles, mais un seul et unique combat, celui qui mène à la vérité.


Laura Sadowski , avec son sens de l’intrigue signe là un remarquable roman.


Mais alors qu’habituellement après un tel moment de lecture je suis triste d’atteindre la dernière page et d’en avoir terminé avec un bon livre, cette fois je garde mon enthousiasme intact. Car il me semble évidement que la fin appelle à une suite prochaine, ce que semble d’ailleurs me confirmer l’auteur en personne ! Cette fois ci, croyez-moi, je serai parmi les premiers à en faire l’acquisition !

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 19:24

OLIVIER BORDACARRE

EDITIONS FAYARD NOIR

 

la france tranquilleUn titre qui sonne comme un slogan de campagne en cette période pré-électorale. Qui fleure bon la France d’antan, celle qui berce notre nostalgie d’une époque bénie où l’on n’avait pas à se poser de questions, où tout allait de soi.


Il y a comme ca des bouquins qui arrivent au bon moment, qui s’inscrivent parfaitement dans l’air du temps. Et  justement en ces temps troublés où le citoyen écoute, hypnotisé, ceux qui nous ont plongés dans la crise nous expliquer qu’ils sont les mieux placés  pour nous y en sortir, où l’Autre redevient le catalyseur  de tous nos maux, où les solidarités se rouillent à l’ère  du chacun pour sa gueule et se délitent sous l’acide du profit, le dernier bouquin d’Olivier Bordaçarre  apparaît comme une énorme claque salvatrice. De celles qui donnent à réfléchir et qui remet la tête à l’endroit.


Car  cette France tranquille que nous fait découvrir l’auteur est des plus inquiétantes,  elle est même pour ainsi dire carrément flippante !


Nogent-les Chartreux est une petite ville provinciale comme tant d’autre, perdue dans le paysage hexagonal, une ville  tranquille où la vie suit son cours dans un engourdissement citoyen coupable.


Car Nogent est une ville qui pourrit sur pied, gangrénée de l’intérieur par la consanguinité des idées primaires de ses habitants, la dégénérescence du renfermement sur soi , et la dissolution de la raison et de la solidarité dans les miasmes du cancer de la peur.


Dans cette ville où tout tient de l’équilibre précaire, où la qualité de la gestion municipale se mesure au nombre de caméras de surveillance implantées, où le danger est potentiellement identifié et calibré, rien ne doit et ne peut arriver aux braves gens !


Alors quand les agissements imprévisibles d’un tueur en série remettent tout le monde sur 1557076_3_4094_emeutes-a-tottenham-le-8-aout.jpgun pied d’égalité en faisant de chaque habitant une cible potentielle, la peur dont on se croyait immunisé sous l’effet placebo du vaccin sécuritaire, cette peur froide et insidieuse revient ramper dans les rues de la ville et s’emparer des esprits de ses habitants. Et quand la mèche est allumée, c’est le vernis de la civilité qui explose la première, pour laisser place à l’instinct primaire,  où la délation ramène à la France bucolique des années 40.


Dans ce barnum qui ébranle la ville, au milieu de la meute qui a gouté au sang, un homme, un flic obèse, voit ses contemporains s’abîmer dans la destruction et l’aliénation à la folie collective. N’ayant pour horizon que sa retraite à venir et les parties de pêche qui vont avec, ne trouvant de lumière que dans son fils tourné vers les étoiles, et les mots de son ex-femme qui sont autant de caresses sur son cœur meurtri, il se retrouve là, comme un îlot humain au milieu d’une jungle sauvage.


 Témoin dubitatif face aux évènements, insensible aux pressions de sa hiérarchie et des politiques locaux, il ne sait trop comment prendre les choses en main. Pourtant c’est sans doute ce décalage, cette nonchalance existentielle qui lui maintient les pieds sur terre et lui permet de rester suffisamment lucide pour finalement prendre la piste de la vérité à mesure que la menace se fait plus précise.


Olivier Bordaçarre accomplit un roman réussi. Des personnages abîmés, par la vie, par la crise, qui gardent leur dignité ou se vautrent dans la violence. Un lecteur de plus en plus mal à l’aise à mesure que les pages se tournent, qui se dit que la fiction n’est finalement pas si éloignée que ça de sa réalité. Qui se remémorent toutes ces petites phrases assassines entendues chez le commerçant du coin, au boulot ou entre amis, ces bons mots balancés avec humour au sujet de l’étranger mangeant le pain des français , du chômeurs payé à rien foutre , de ces allocs qui plombent les finances de l’Etat et engraissent les fainéants ; et tout ces soupirs résignés, ces sourires crispés pour unique réponse , ces petites lâchetés quotidiennes à ne jamais contredire le crétin aux idées courtes qu’on a  en face de soi. A en oublier d’être un citoyen.


Car c’est là la force de l’auteur. Montrer, et amener progressivement le lecteur à faire le lien avec le réel, à prendre conscience que poison opère toujours au moment même où il lit ce livre, … et à laisser le laisser décider de la suite quand il redeviendra électeur le moment venu.


bordecarre.jpgPar contre, j'émets une toute petite réserve. En effet, je trouve le basculement dans la violence incontrôlée peut être un peu excessif. L'auteur décrit parfaitement la montée de cette folie collective qui s'empare des habitants de cette petite ville de province, mais je trouve son déchainement un peu disproportionné par rapport aux faits qui le provoquent. Mais sans doute fallait-il en passer par là pour bien saisir les conséquences terribles à laisser ses peurs prendre le pouvoir sur la raison!


 Ni voyeur, ni moralisateur, Olivier Bordaçarre nous offre donc en miroir une certaine France qui se bâtit insidieusement à l’ombre de la crise, contaminée par les emprunts toxiques, les plans de licenciements, les magouilles politiques, et qui se nourrit à cette soupe qui, bien qu’on y rajoute de l’eau pour la rendre plus claire, reste toujours brune.


Une France qui ne sait plus s’aimer.

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 21:50

André GABELLA

Editions MICHEL DE MAULE

 

Gabella couv1C’est un petit bouquin original  paru aux Editions Michel de MAULE . Un petit livre qui se lit rapidement mais qui vous plonge dans un univers que le lecteur de polar a l’habitude de côtoyer au fil de ses lectures, mais sans jamais vraiment le connaitre, sans véritablement le cerner. Je veux parler de l’univers des inspecteurs de police.


André GABELLA est l’un d’entre eux. Commandant de police, il est à la tête  du groupe «  Grand banditisme » à la police judiciaire d’Ajaccio. A travers son livre « P.J Blues » il nous ouvre en grand les portes de la vie quotidienne de ces fonctionnaires que paradoxalement nous décrions tous les jours dans la notre, mais que nous adorons voir en héros dans les romans que nous lisons.


De roman justement il n’en est pas question ici. Juste des tranches de vie d’un flic d’origine corse, le commandant Torre, dont on ne connait pas le prénom. Ce flic, ce n’est pas l’auteur du bouquin, même si les histoires qu’il relate sont vraies et pour lesquelles justice a été rendue. Des instantanées de la vie d’un flic confronté à une réalité, la notre, dans tout ce qu’elle a de cruelle, d’injuste, d’imbécile ou de merveilleuse. Un envers du décor qu’il nous est donné un instant d’apercevoir à travers le regard de ce fonctionnaire.


Si la vie d’un flic n’est pas un long fleuve tranquille, elle ne ressemble en rien à celle couchée sur pellicule. Si la misère côtoie souvent l’horreur, si le crime est souvent banal, les circonstances, les hasards, les détails font parfois basculer l’ordinaire dans une autre dimension, où l’extraordinaire le dispute à l’incroyable, où « le coup de bol » s’affronte à « pas de chance ».


Le lecteur avance donc dans ce livre sans trop savoir où il va mettre les pieds à chaque coin police.jpgde page. Histoire croustillante comme « le Stradivarius » où comment le malfrat se joue de la cupidité de sa victime, histoire sordide avec « Le nourrisson » où la vérité ne se trouve pas forcément au fond d’une poubelle d’immeuble. Rare réflexion, critique, sur ses racines et ses frères de sang avec « la fierté des miens » ou duel improbable entre le flic et son suspect dans « Cédrat suprême » .


Les histoires s’enchainent, s’entrechoquent. Pas de héros, d’actes de bravoure ou de situations improbables permettant de découvrir un héro sous l’habit du fonctionnaire. L’auteur nous emmène sur les parcours d’une carrière de flic bien remplie entre Paris et la Corse.


Ne cherchez pas dans ce livre un exercice de style. Il n'en a pas la prétention. Les faits y sont relatés de manière brute, sans fioriture littéraire. Une belle panoplie d’expériences diverses qui plonge le lecteur dans un quotidien insoupçonnable.


gabellaMais à la longue se dégage cependant un sentiment mitigé. Non que les histoires soient inintéressantes, l’auteur alterne parfaitement les différents types de situations, mais progressivement s’inscrit dans l’esprit du lecteur une image de flic supérieurement intelligent, à qui on ne la fait pas, qui arrive à trouver le bon fil pour dérouler la pelote de la vérité, qui finit par dominer son sujet, à retourner le suspect, à le confondre en le prenant parfois à son propre jeu. il n’y a pas de faille dans ce personnage, pas de doute non plus. Il relate ses expériences comme un témoin décrirait le crime auquel il vient d’assister. Ce qui au final le rend différent de nous.


Si j’ai aimé la lecture de cet ouvrage, je n’y cependant pas trouvé le blues dont il est question dans le titre. Et cela manque un peu. Pour autant, la quarantaine d'histoire narrées dans celui ci, offrent une reelle oportunité de découvrir la vie pas ordinaire des gens censés veiller sur notre sécurité. Rien que pour cela, ce livre mérite d'attirer votre attention.


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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 18:17

François VIGNES / Thierry GUILABERT

Editions PASCAL GALODE

 


 

autant en emporte le vinC’est  à une escapade atlantique que nous invitent aujourd’hui François Vignes et Thierry Guilbert à travers ce court roman écrit à deux mains et d’à peine une centaine de pages.


Bienvenu sur l’île d’Oléron.C’est sur cette terre caressée par les vents et abreuvée de soleil que revient, non sans une certaine nostalgie, Ben Yassou. Un drôle de nom pour cet enfant du pays devenu détective.  C’est dans les expressions locales qu’il a emprunté ce nom pour jouer au poker, de celles qui raillent les touristes toujours trop nombreux sur l’île, que les habitants du cru surnomment « les Baignes  à sous ».


A bord de son van, il foule à nouveau cette terre où sont ancrés ses souvenirs de jeunesse, et les chemins du passé le ramènent immanquablement  vers Maria, un amour éphémère  qui ne s’est jamais vraiment effacé de sa mémoire. Mais au grand jeu  de la vie, c’est son meilleur ami Abel qui a réussi à conquérir le cœur de la belle.  Mais il ne reverra pas son ami.

 

Celui-ci s’est pendu dans sa cabane, près de  ses claires. Car Abel était ostréiculteur, connuost.jpg pour être animé par un amour sans borne pour son métier et la préservation de la tradition ostréicole. Dépression ? Des affaires qui allaient mal ? Rien pour expliquer son geste. D’autant que ce n’est pas le seul ostréiculteur à finir ses jours de cette manière. C’est pour cela que Maria, sur l’insistance de sa mère, la vieille Dolorès,  fait appel à Ben.


C’est donc dans cette atmosphère trouble d’avoir perdu un ami tout en retrouvant un amour de jeunesse qui s’est épanoui dans une féminité généreuse qui réveille le désir, que Ben mène son enquête.


ostreiculture.jpgFrançois Vigne et Thierry Guilbert nous livrent un petit roman sans prétention qui se lirait à l’apéro, sous le soleil, un verre de vin à la main devant un plateau de fruits de mer. Pour un peu on sentirait presque le vent du large. Un bouquin plein d’humour et de référence aux célèbres aînés  du polar et roman noir, qui mêle la nostalgie et le couple infernal de l’amour et de la mort.


Un plaisir d’écriture aussi pour les deux compères, qui nous décrivent des personnages pittoresques, pour certains aussi imbibés d’alcool qu’un baba au rhum et qui donnent au roman sa couleur et sa poésie.


Car au-delà de l’intrigue, d’une flamme passionnelle qui va se raviver et tout enflammer jusqu’àvignes.guilabert l’ultime abandon de soi, «  Autant en emporte le vin » est aussi un portrait tendre de cette îles, de ses habitants accrochés à leur culture insulaire, mais malmenés par le progrès galopant qui grignote toujours un peu plus les espaces et change les hommes.

 

Voilà donc un petit roman qui fait passer un agréable moment à son lecteur , un petit courant d'air litteraire dont j'ai trouvé l'issue très belle même s'il elle porte en elle quelque chose d'irréversible.

 

Pour la petite histoire Thierry Guilabert est CPE de profession, comme moi ! Voilà qui n'est pas banal et j'espère que j'aurai l'occasion de lire d'autres romans de ce collègue !


Bon c'est pas tout, mais moi je vais remplir mon verre !

 

l'avis des copains:

 

 Claude : link   Oncle Paul : link


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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 23:54

Philippe BERENGER

Editions SCRINEO

 

les ombresParis. Le métro. Une bombe explose : huit morts, des dizaines de blessés. Ils ont déjà perdu la première manche. Celle de n’avoir pu voir venir le coup.


Voilà un roman qui sort vraiment de l’ordinaire. Le genre de bouquin qui vous attrape par le col et vous projette au milieu d’une histoire où vous avez l’impression non  pas d’être le lecteur, mais le témoin privilégié d’un drame qui va se jouer sous vos yeux.


Oubliez tout ce que vous croyez savoir de l’univers des flics, ou plus précisément de ces agents chargés de la surveillance du territoire, garants de la sécurité d’une société insouciante des dangers auxquels elle est exposée.

 

Délaissez l’imaginaire  cinématographique hollywoodien et l’univers des séries U.S qui regorgent de technologies et d’hommes affutés à tous les genres de combats. Cette réalité esthétique de papier glacé n’a rien à voir avec celle que nous propose Philippe Bérenger.


Lyon. La deuxième bombe éclate. Un « croissant noir » pour nom, une troisième bombe pour menace. Aucune piste. La société est aveugle, un mouton paranoïaque qui ne sait pas d’où viennent les coups. Où chercher ?


Les différents services de police et de renseignements sont sur les dents ! Chacun surveille son secteur en croisant les doigts que ca ne vienne pas du sien. Pour le capitaine Frank VENEL la course contre la mort est engagée. De supputations en renseignements, de filatures en recoupements, son équipe court plusieurs poissons à la fois sans savoir vraiment ce qui remontera à la surface.


Quand enfin l’intuition laisse la place aux certitudes, c’est avec le tic tac de la troisième bombe dans la tête  que VENEL tentera d’avorter le troisième attentat en gestation.

Ce roman est saisissant de réalisme. Philippe Bérenger nous plonge dans le quotidien de flics qui pour mettre en échec l’ennemi  n’ont que leur sens de l’observation et leur patience pour seules armes. Car ici pas ou peu de technologie, en dehors de balises servant à suivre des véhicules à distance.


 Ce roman démystifie le flic plongé dans l’action permanente et bardé de moyens. Car la réalité est tout autre, faite de journées entières à planquer dans un appartement pour surveiller un quartier, une rue, un immeuble. Un travail laborieux, des heures d’attente peu gratifiantes, où le sens de l’observation peut faire la différence et soulever un début d’affaire, ou saisir l’esquisse d’une piste.


A travers ses mots, Philippe  Bérenger nous décrit des hommes qui ont tout de l’anti héro , philippeberengeravec leurs doutes, leurs fêlures, leurs espoirs , leurs frustrations et les résignations d’une vie liée à un boulot qui fait d’eux des ombres, observant le monde évoluer sous leurs yeux, témoins de la décrépitude d’une société qui fabrique de la misère et laisse les plus démunis à la merci de la loi du plus fort.


 Des personnages attachants, parfois bouleversants d’humanité, à l’image du capitaine VENEL qui entretien avec sa fille, adolescente rebelle au caractère déjà bien trempé, une relation rude mais pleine de tendresse. Un homme qui, face à la violence qui se déchaine aveuglément a besoin terriblement d’aimer.


Autant de personnages, autant de portraits hors du commun qui donne à cette équipe un visage.


Mais la réussite de  Philippe Bérenger,  c’est aussi d’arriver par son style court et rythmé à nous transmettre cette atmosphère d’urgence, cette pression  de plus en plus forte à mesure que le temps s’égraine mais que l’équipe ne trouve pas. Une pression  étouffante que le lecteur ressent au fil des pages.


Sans doute l’entame de la lecture de ce roman est un peu déroutante pour le lecteur. Le style est direct, le langage celui de la rue. De nombreux personnages interviennent,  avec qui il convient de faire connaissance.


Mais très vite on se laisse embarquer par l’histoire, le lecteur devient un membre de l’équipe. Par contre, l’introduction tout au long du roman d’extraits de procédures à suivre en fonction des situations auxquelles est confronté un agent de police , ne me semble pas pertinente. Le roman aurait gagné en fluidité en leur absence.


Voilà en tout cas un roman qui aura touché au but.  Surpris par le thème abordé, je n’en ai été que plus séduit par l’histoire qui m’a été proposée, loin des clichés habituels.


A  travers son roman, peut être devons nous comprendre  que ce n’est pas forcément dans l’idéologie de l’intolérance et de l’extrémisme que prendront corps les bombes de demain, mais peut être bien dans les plis de la misère et du désespoir que notre société engendre.


 Philippe Bérenger a en tout cas  des choses à raconter, et il le fait de fort belle manière.  Gageons que son prochain roman vienne confirmer cette excellente première impression.

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 07:15

Front cover le Hameau des Purs

" Le hameau des purs" de Sonia DELZONGLE

Editions COGITO

 

 

Après la lecture d’un roman « bien frappé » comme « Le paradis ou presque » de Charlie Huston, j’avais  envie de me plonger dans un roman hexagonal, loin des stetsons et du soleil du Nevada (quoique qu’en ce moment je ne dirai pas non à une bonne journée caniculaire !).

 

« Le hameau des purs » de Sonia DELZONGLE , publié aux éditions COGITO  m’en a offert l’occasion.

sonia D.

Il est toujours périlleux de se lancer dans l’œuvre d’un auteur que l’on ne connait pas encore. Promesse d’une rencontre qui en appellera d’autres, ou rendez vous sans lendemain, c’est un pas dans l’inconnu que l’on fait quand notre regard glisse sur les premiers mots de son roman. 


Quand en plus celui-ci aborde des thèmes comme celui, éculé, du tueur en série, qu’il approche de près ou de loin celui des sectes, une certaine réticence, voire une appréhension gagne le lecteur qui redoute de relire ce qu’il a déjà lu cent fois.

 

Pourtant, en faisant le choix délibéré de ne décrire aucune scène de meurtre (alors que le tueur est d’une extrême violence, mais seules les conséquences de ses actes sont rapportées.)  Sonia DELZONGLE évite de tomber dans le piège de la facilité et du voyeurisme gratuit, dont le roman aurait immanquablement pâti.

 

Ce parti pris n’enlève rien à la force de celui-ci, bien au contraire. Ce qui est suggéré est souvent beaucoup plus percutant pour l’imaginaire du lecteur que la description crue d’une mise à mort.

 

Et de fait, il donne du coup une toute autre dimension au roman, en axant  celui-ci autour des personnages, leurs interactions, les liens établis ou souterrains qui les unissent ou les opposent.

 

Et les portraits que brosse Sonia DELZONGLE sont taillés au burin dans un bois dur et sombre. Des personnages rudes, comme le sont les habitants de ce village du Vivarais-Lignon, qui côtoient chaque jour la rigueur d’une région inhospitalière où les hommes  s’accrochent et se soumettent à elle sans maudire leur terre.

 

la burleCar dans ce roman,  l’environnement est un personnage à part entière, un acteur majeur qui fige dans la pierre l’histoire des hommes, nourrit leur force, et où la Burle, un vent sec et froid qui souffle violemment une partie de l’année, façonne l’esprit de ses habitants. Paysage idyllique en été, qui l’hiver devient plus inquiétant et  renforce ce sentiment qui gagnera progressivement le lecteur, que  cette chape de neige ne recouvre pas seulement le panorama environnant, mais aussi des secrets lourds et immondes  qui se terrent dans le cœur des habitants de ce village isolé. Des secrets qu’il n’aurait peut- être mieux valu ne pas faire remonter à la surface.

 

C’est donc, ici dans ce décors sauvage et ce village perdu dans  le Vivarais-Lignon que va se dérouler le drame.

 

Quand elle revient dans celui-ci pour enquêter sur un incendie qui a ravagé une bonne partie du hameau, Audrey Grimaud, devenue journaliste, retrouve les souvenirs de son enfance, lorsqu’elle venait ici passer ses vacances auprès de ses grands parents. Le temps a bien passé, mais la communauté de Purs qui vit dans le hameau est toujours là. Une communauté avec ses règles strictes, qui vit en autarcie, et qui n’avait à l’époque toléré la présence d’Audrey que parce que son père avocat, défendait les intérêts de la communauté.

 

burle.jpgUne enquête qui va se télescoper avec des questionnements remontant à ses visites au village quand elle avait une douzaine d’année, et restés jusqu’ici  sans réponses. Car très vite, Audrey est intimement convaincue que les meurtres de  «  l’empailleur »  et les causes de cet incendie plongent leurs racines dans un passé qui refuse d’être enterré. Un passé, qui est aussi le sien.


L’originalité de Sonia DELZONGLE est de rendre le tueur en série omniprésent tout en le laissant constamment à la périphérie de l’histoire, comme un rôdeur dont on sent la présence sans jamais l’apercevoir. Une ombre qui reste tapi dans les esprits. 


Journaliste de profession, elle met toute sa connaissance du métier au service de son personnage principal, et avec une plume alerte et concise, nous offre une description somptueuse de cette région sauvage  qu’elle semble bien connaître. Tout aussi efficace, le tableau qu’elle dresse de cette vieillesse à l’œuvre sur ces habitants figés dans leurs souvenirs, et qui semblent aussi anciens que les bâtisses qu’ils occupent.

 

Bâti en deux parties, la première qui court sur 300 pages, celle de l’investigation, du burle3.jpgquestionnement, de cette quête de vérité est à mes yeux  la plus passionnante. Elle nous ramène dans l’enfance d’ Audrey, nous fait prendre la mesure de ce lieu si particulier et nous fait découvrir la complexité des personnages. Le lecteur comprends bien qu’il ne s’agit pas d’un monde manichéen, où les bons s’affrontent aux mauvais, mais où chacun porte une part de vérité, comme un puzzle qu’il suffit d’assembler pour découvrir l’innommable.  

 

La seconde, celle du basculement de l’histoire (que je n’évoquerai pas ici de peur d’effeuiller le final du roman) m’a un peu moins convaincu car j’ai trouvé le passage de l’une à l’autre un peu brutal. Si le dénouement est particulièrement surprenant, dans cette dernière partie, les rebondissements interviennent à un rythme peut être un peu trop rapide.

 

Malgré tout, cela n’enlève rien au plaisir que j’ai eu de lire ce roman où se mêlent rancœur, vengeance et sang mauvais, où l’immonde côtoie la beauté. Un roman qui n’est pas sans m’évoquer  une des œuvres de Denis Lehanne .

 

« L’horreur est humaine » disait Coluche, ce roman est là pour nous le rappeler .

 

Quant à moi, pour reprendre mon propos du début,cette rencontre avec l’auteur ne sera pas sans lendemain.


Sonia Delzongle est journaliste, écrivain, mais aussi artiste peintre ! Pour ma part je trouve ses œuvres très belles, et je ne peux que vous inviter à les découvrir sur son blog ici link

 

 

crédit photo: http://ladore.over-blog.com/

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