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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 19:26

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En 1919, à la suite la 1ere guerre mondiale, devant l’énormité des pertes et le désastre dans lequel s’était plongée l’Europe toute entière,  Paul Valéry  tirait la leçon de cette tragédie et écrivait  "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles».

 

Pourtant, il n’aura fallu attendre que 21 ans pour voir le monde sombrer à nouveau dans le chaos,  les massacres et les exterminations, à cause d’un homme qui, rappelons- le pour mémoire, est arrivé au pouvoir de manière démocratique, par une élection. Cet homme c’était Adolf Hitler.

 

Disons le d’emblée, ce livre n’a aucun intérêt d’un point de vue strictement littéraire. L’écriture est fade et sans relief. Et pourtant, c’est sans doute un livre que tout un chacun devrait garder dans un coin de sa bibliothèque comme un repère, une balise sur laquelle ancrer sa conscience pour toujours rester vigilant.

 

Ce livre raconte de manière romancée, une expérience qui a réellement eut lieu à la fin des années 60 dans un établissement scolaire américain, et conduite par un professeur d’histoire. Et cette expérience fait froid dans le dos au point qu’elle fut stoppée quelques semaines plus tard devant l’ampleur et les conséquences qui ont découlés de sa mise en œuvre.

 

 A l’issue de la diffusion d’un film sur le régime nazi et ses atrocités, le professeur Ben Ross est surpris par la distance relative que prennent ses élèves face à ces évènements tragiques. Peu de chances d’après eux qu’un régime de cette nature puisse à nouveau duper les foules et reproduire ces schémas destructeurs maintenant que l’on sait que cela a existé. « Moi en tout cas, je ne laisserais jamais une minorité de ce genre gouverner la majorité »


A cela se rajoute une question à laquelle même le professeur à du mal à répondre : « Comment les Allemands ont-ils pu laisser les nazis assassiner des gens presque sous leurs yeux pour ensuite affirmer qu’ils n’en savaient rien ? Comment ont-ils pu faire une chose pareille ? Comment ont-ils pu dire une chose pareille. »


Alors ce dernier  va décider de faire prendre conscience à ses élèves du danger, en mettant en œuvre les mécanismes identifiés de l’aliénation de l’individu au groupe , et du sacrifice du juge arbitre personnel à la vérité subjective de la communauté.

 

Et il n’en faudra pas beaucoup pour que la classe adhère à l’expérience. Un slogan, un symbole et les graines de l’intolérance sont plantées. Et la plante pousse, vite et bien, telle une mauvaise herbe qui se répand sur les esprits en friches de ces jeunes lycéens.

 

 Le succès est fulgurant, et tout le monde semble y trouver  son compte. Les effets bénéfiques de l’organisation portent rapidement ses fruits dans la classe. Celle-ci devient disciplinée et efficace dans le travail, et finit même par prendre de l’avance sur les programmes.les élèves autrefois à l’écart deviennent des membres à part entière, écoutés et respectés. Très vite l’expérience déborde le cadre de la classe. Pourtant, de petits incidents anodins commencent à faire surface. Jusqu’au jour où…

 

Ce qui est effrayant dans cette histoire c’est que l’enrôlement se fait à partir de procédés simples, et même au delà du décorticage de cette mécanique bien huilée, on reste pantois  à l’idée que même des esprits éclairés se laissent finalement entraîner. C’est oublier la puissance de l’appartenance au groupe, un groupe qui rend anonyme et donc protège, un groupe qui lisse les différences et donc rassure. Dans ce mode organisationnel, l’Autre est Moi ,et il cesse d'être une menace .JE cesse d’exister pour se dissoudre dans le NOUS.  


 

A bien y réfléchir, ces mécanismes n’ont jamais cessé d’être l’œuvre. Il n’y a qu’à voir les pratiques sectaires ou les bandes de hooligans qui gangrènent nos stades de foot pour s’en rendre compte.

 

Ce livre nous rappelle donc que la Démocratie n’est pas et ne sera jamais un acquis mais un combat permanent.

 

Quant à savoir si cela pourrait se reproduire un jour, dans cette société devenue hyper individualiste et concurrentielle, où l’Autre fait peur parce qu’il est différent, où l’on s’appauvrit de notre intolérance au lieu de s’enrichir de  l'ouverture au monde, où les moyens de communications sont tels que l’information circule très vite au point de ne plus pouvoir être  vérifiée,où elle devient facilement falsifiable, où  la télé fait baisser les yeux* et que ce qu’elle diffuse a force de vérité (pour reprendre la belle phrase d’un de nos plus grands cinéaste M. Godard pour le nommer) , je vous laisse le soin cher lecteur de répondre vous même à cette question.

 

Pour ma part en tout cas, je garde précieusement ce livre sur mon étagère.

 

* Jean Luc Godard : « " la différence entre la télévision et le cinéma est qu’on baisse les yeux pour regarder la première et qu’on les lève pour regarder le second "

 

 ci dessous la Bande Annonce du film traitant de cette histoire ( film allemand)

 

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 18:09

 

lhomme-qui-voulait-etre-heureux

 

L’HOMME QUI VOULAIT ETRE HEUREUX de Laurent GOUNELLE

 

Après avoir lu 4 polars à la suite j’avais envie de me changer un peu les idées avec un autre genre littéraire. Mon choix s’est porté sur « L’homme qui voulait être heureux » de Laurent Gounelle. J’avais régulièrement entendu parler de cet ouvrage qui est l’un des succès littéraires du moment.

 

Un homme en vacances à Bali, décide 3 jours avant son retour en Europe d’aller voir un guérisseur  de renom de la région. Bien qu’étant en pleine forme, le guérisseur finira par annoncer au « patient » son verdict : vous êtes en bonne santé mais vous êtes malheureux ! Et bien sûr celui-ci va lui venir en aide. Voilà pour la trame.

 

A partir de là , en route pour une histoire complètement niaise ! Je n’ai en effet pas d’autres mots  pour décrire le ressentiment que j’ai pu avoir à la lecture de ce livre !

 

C’est vraiment très mal écrit, les dialogues sont d’une fadeur à mourir et qui sonnent parfois mal dans la bouche d’un asiatique (« bon revenons à nos moutons dit-il (le guérisseur) – s’il te plaît dessine m’en un ! –pardon ? – non, rien je plaisantais.).

 

La mécanique de ce livre est simple. Le guérisseur empile les exemples, en s’appuyant d’ailleurs  la plupart du temps sur des recherches ou des expériences occidentales ( !) pour révéler à son auditeur une vérité incroyable : si on veut, on peut !  


Si nous sommes positifs, les autres nous percevrons positivement ! Aimer quelqu’un que l’on n’aime pas en se disant qu’au fond de lui il y a quelque chose de bon, fera qu’il finira par changer la perception qu’il a de nous et le conduira à nous aimer à son tour !! Et c’est scientifiquement prouvé ! Pensez donc ! Aux USA on a fait venir un groupe d’étudiants autour d’une table sur laquelle étaient posées des plaquettes regorgeant de cellules cancérigènes et à qui on a demandé d’envoyer de l’amour à ces cellules malades ! Que croyez vous qu’il arriva ? Les cellules cancérigènes ont régressé !

 

Bien évidemment à chaque fois, le patient se rappelle quant à lui des souvenirs qui viennent corroborer immanquablement les dires de son mentor ! Comme cette époque où il travaillait dans un centre téléphonique pour placer des assurances dont la pluparts des gens étaient déjà dotés, époque où s’était développé progressivement un eczéma  sur ses bras, au point de devoir démissionner. Bien évidemment il fallait y comprendre la réaction d’un corps qui lui disait qu’il officiait en opposition à tous ses principes.

 

Grâce à ces échanges avec le guérisseur notre bonhomme va ouvrir les yeux sur tout ça, voir le monde différemment et décider de bâtir une nouvelle vie ! Fort de toutes ces réflexions le voilà même capable de s’assoir à une terrasse de café et de deviner  ce qui fonde le mal être de tel ou tel !

 

Le pompon de tant de niaiserie étant le final, que pour une fois je vais dévoiler dans une critique. Celle où repartant, il croise une petite fille qui dessine un paquebot  qui  passe au loin, et qui lui raconte qu’elle voulait devenir un jour capitaine .Idée malheureusement  qu’elle a abandonné quand son père lui a expliqué que ce serait trop dur et impossible  pour elle.  « …ne laisse personne te dire ce dont tu n’es pas capable. C’est à toi de choisir et de vivre ta vie. Elle me regarda dans les yeux et resta concentré un moment. Puis son air sérieux s’effaça progressivement pour laisser apparaître un sourire qui illumina tout son visage. Elle s’éloigna d’une démarche confiante, le regard tourné vers le large, où le paquebot traçait sa route à l’horizon. »  Au final c’est l’occidental encore une fois qui aura le dernier mot  !

 

Plusieurs choses me dérangent dans ce livre.

 

Déjà l’idée que l’on puisse ainsi s’aliéner à la pensée  d’un autre pour trouver un sens à son existence où pour trouver sa voie, et ce, sans aucun esprit critique vis-à-vis de son interlocuteur. Parce que l’autre à l’apparence d’un sage, parce qu’il est issu d’une communauté emprunt de bouddhisme et autres philosophies orientales il détient forcément  LA vérité. J’ai d’ailleurs toujours été déconcerté de voir tant d’occidentaux aller trouver des réponses à leurs maux  existentiels à l’autre bout du monde. Nos  villages et nos familles regorgent de vieux sages qui, si on prend le temps de les écouter, nous en apprennent tout autant sur le sens de la vie. Il en est de même dans les autres contrées du monde. D’ailleurs n’est-il pas paradoxal de voir comment nous traitons nos anciens ici chez nous, pour mieux vénérer ceux de là bas.

 

La deuxième chose qui me dérange c’est l’intitulé véhiculé dans la bouche du guérisseur selon laquelle nous sommes dès l’enfance conditionné par notre environnement, par  la manière dont nous sommes perçus et qu’il faut se défaire de cela pour pouvoir vivre la vie que l’on s’est choisie. Je ne suis pas forcément en désaccord avec ca sur le fond, mais par la présentation universelle qui en est faite. Elle ignore complètement que les sociétés se sont construites et développées sur des modèles différents, et sur des valeurs tout aussi différentes. L’approche de l’enfant n’est pas la même d’une région du monde à l’autre. Il ne peut donc  y avoir une réponse unique, une vérité. C’est pour cela que je pense sans jeu de mot vaseux, par rapport à ce que je développais plus haut,  que non, la verité n’est pas ailleurs.

Dans une société malade de ses valeurs et de ses modèles  il n’est pas étonnant qu’un livre de cette nature puisse avoir un tel succès. Fut ce t’il un condensé de niaiseries.

 

Malgré tout  je partage l’idée avec l’auteur selon laquelle l’homme est intrinsèquement bon (mon côté plus pessimiste de la société humaine me ferait plutôt dire qu’aucun homme n’est irrécupérable) mais c’est bien là le seul point d’accord que j’ai avec lui.

 

 

 

 

 

 

 

 

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