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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:03

PATRICK SENECAL
EDITIONS COUPS DE TÊTE

contre-dieu1.jpgUne vie. Femme , enfants , bonheur.

 

Une vie pleine. Juteuse comme un fruit. Sucrée comme les rires des enfants, ennivrante comme le parfum d'une femme.

 

 Et l'avenir pour seul horizon.

 

La mort . Dévoreuse, destructrice, aspirant le suc du présent et stérilisant le futur.

 

La mort est un ver. Pourrissant.

 

Elle vient, le fruit tombe.

 

Alors la chute. Vertigineuse, phénoménale.

 

Il n'a pas de nom. C'est toi, c'est moi, c'est vous. Il est heureux. Au cœur d'une famille qu'il a bâti et qui chaque jour lui donne le sel de son existence. Un bonheur sans tension ni prétention qui se love dans le quotidien d'une vie organisée.

 

Le bonheur c'est simple comme un coup de fil. Celui de sa femme, quelques secondes d'échange,  l'amour réaffirmé, les mots joyeux des enfants, on va se retrouver, le temps de rentrer. On raccroche et la vie qui reprend son cours.

 

La mort, c'est simple comme un coup à la porte. Des uniformes. L'annonce de l'accident decar-ravin.jpg voiture. Sa femme et ses gosses qui n'ont pas survécus.

 

Le fracas d'une vie qui s'effondre. Il ne comprends pas ce qu'il n'y à rien à comprendre.

 

Alors il erre, picole, fume, déambule chez lui, fracasse tout, détruisant déjà les restes matériels d'une existence qui n'est déjà plus la sienne.

 

Les souvenirs ne le maintiennent pas à la surface, il déchire les photos comme on balance une bouée que l'on refuse.

 

Ses amis, ils n'en sont déjà plus. Qu'a-t-il à partager avec eux ?  Il voit. Il réalise.

 

Toute l'hypocrisie des hommes à s'imaginer contrôler les choses, à ne pas vouloir voir ce que lui voit maintenant. Que la vie est une vaste fumisterie, que la vie c'est le chaos, et qu'on n'y échappera pas.

 

Et ce chaos il le traîne avec lui. Le provoque comme on renverse un plat en cristal par inadvertance dans un magasin. Constate les dégâts. Poursuit sa route.

 

main arméeIl fait des rencontres. Mélanie, Théo et les autres .Mais sa souffrance, il ne veut pas la partager, ne veut l'exprimer.

 

La compassion l'indiffère.  L'espoir l'insupporte, le brûle comme l'acide. A mesure qu'il avance il se détache de son humanité.

 

 

Son arme. Deux balles dans le barillet: le chaos et le hasard.

 

Histoire particulièrement glaçante et sombre que ce court roman d'une centaine de pages, signé Patrick Sénécal. Une histoire qui nous rappelle que l'homme n'est qu'un funambule qui marche sur le fil d'une vie éphémère, que le moindre souffle du destin peut le précipiter dans le vide et le chaos.

 

C'est cette chute qu'il nous raconte, rapide et vertigineuse, que rien ne peut freiner, ne peut Patrick-senecal.jpgstopper. L'absence de points dans l'écriture de l'auteur (sauf dans de rares dialogues) participe à cette sensation de vide dans lequel se précipite  le personnage.

 

Ce roman n'est pas sans rappeler la novella de Marcus Malte CANISSES .

 

 Mais quand le personnage de Malte, se sent spolié d'une vie qui lui était promise, quand il cherche absolument à  trouver des raisons au drame qui le met à terre au point de sombrer dans la folie destructrice, celui de Patrick Sénécal lui, ne cherche pas à comprendre, ne perd rien de la réalité de sa situation, ni du chaos dans lequel il se retrouve. Il affronte l'absurde. Se bat, contre la grande illusion des hommes à croire que la vie a un sens.

 

 Contre lui.

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Published by La petite souris - dans auteurs québéquois
6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:51

Martin MICHAUD

EDITIONS FIRST

 

les-ames-traquees.gifSi  je n’ai rien contre les auteurs scandinaves, il y en a d’excellents et j’en lis souvent, je me dis quand même qu’il serait grand temps que le torticolis qui touche les lecteurs français depuis plusieurs années et qui les oblige à regarder fixement vers le nord, cesse enfin.

 

Peut être alors pourront-ils opérer un léger mouvement de tête vers l’Ouest, vers l’Amérique du Nord et le Québec plus précisément, où ils pourront alors poser leur regard sur un gisement de jeunes auteurs de polars au potentiel particulièrement prometteur.

 

Il ne serait pas impossible d’ailleurs, que demain, la nouvelle vague (nouvelle mode ?) nous vienne d’outre-Atlantique ! Et ce n’est pas mon ami Richard qui me démentira, lui qui depuis un longtemps déjà essaye d’attirer l’attention de ses cousins du Vieux Continent sur ce qui se passe d’intéressant chez lui ( son blog est à découvrir ici:  link!)

 

Les éditions FIRST elles, ont eu cette curiosité et elles ont été bien inspirées puisque c’est à elles que nous devons aujourd’hui  la parution en France du roman  d'un de ces jeunes auteurs, «  les âmes traquées » de Martin MICHAUD. Un premier roman qui laisse augurer une belle carrière  pour ce jeune écrivain qui a déjà publié plusieurs livres au Canada.

 

Il y a des jours comme ca où rien ne tourne rond. Prenez par exemple Isabelle Fortin. Après une soirée bien arrosée avec sa meilleure amie et une nuit agitée par un étrange cauchemar, la voici qui se lève en retard pour aller au boulot ! Heureusement pour elle, elle arrive à rejoindre son bureau sans  se faire remarquer. Alors quand une collègue l’invite à la rejoindre en bas de l’immeuble pour boire un café, plus de scrupules, elle accepte.

 

 Mais aurait-elle pu penser un seul instant que quelques minutes plus tard elle serait étendue sur la chaussée, renversée par une berline noire qui prendrait  la fuite ? Aurait-elle pu envisager qu’elle se réveillerait sur un lit d’hôpital où on lui apprendrait qu’elle vient d'y passer plusieurs heures dans le coma ?

 

Sans doute pas ! D’autant que ses souvenirs ne correspondent pas du tout avec ce que les médecins peuvent lui rapporter des évènements. Isabelle elle, est convaincue de s’être relevée de son accident avec l’aide d’un individu appelé Miles, et d’avoir passé le reste de la journée en sa compagnie. Et tant pis si le corps médical lui explique qu’il s’agit d’une élucubration, un tour joué par son imagination dû au traumatisme subi, et si elle ne comprend pas ce qu’elle fait sur ce lit d’hôpital. Les choses étaient tellement réelles qu’elle refuse de croire ce qu’on tente de lui expliquer.


 Alors elle va quitter l’hôpital et se mettre à la recherche de cet homme. Mais la quête va s’avérer ardue. Miles existe-t-il vraiment ? Pourtant, par son entêtement elle finira par attraper ce petit bout de fil sur lequel elle va tirer pour dérouler la pelote d’une vérité qui va s’avérer incroyable.

 

Victor Lessard, lui, est flic à Montréal. Ancien alcoolique, traînant avec lui le souvenir d’un drame personnel, c’est lui qui récupère l’affaire du délit de fuite dont a été victime Isabelle. Sans doute s’agit-il d’une conduite en état d’ébriété comme on en dénombre beaucoup dans la ville.

 

 Pour lui de toute façon, l’urgence est ailleurs. Un tueur sévit en ville et laisse derrière lui des Michaud Martincadavres  abattus froidement d’une balle dans la tête. Sur place, des indices sont laissés volontairement comme pour  se jouer de la police.


Pourtant quand on retrouve dans le coffre d’une Mercédès volée  le cadavre d’un individu en lien avec l’affaire, et que cette voiture s’avère être celle qui a tenté de renverser Isabelle, l'enquête prend du coup une  toute autre tournure. Et il devient dès lors urgent pour l’inspecteur  de retrouver Isabelle.

 

Pour son premier livre, Martin Michaud s’en sort haut la main. Car le pari est osé. Mélanger deux histoires qui finissent en confluent  des dernières pages est un exercice toujours périlleux, a fortiori pour un premier roman.  Pourtant, un style concis, des chapitres courts donne au roman son rythme, quand l’alternance des temps et des narrateurs lui donne sa visibilité.

 

Mais faire d’un thème banal de prime abord, une histoire vraiment originale et haletante comme « les âmes traquées », demande d’avoir ce petit plus qui fait la différence. Et Martin Michaud est doté de cette imagination astucieuse qui lui permet d’introduire dans son roman une part d’inattendue qui donne à celui-ci une autre dimension.

 

En traversant l’atlantique ce roman a perdu son titre original. Peut-être était il trop long, mais j’avoue qu’ «  il ne faut pas parler dans l’ascenseur », s’il n’était en rien évocateur du contenu du roman,  l’était en tout cas de l’esprit de ce flic,  personnage atypique  et attachant que l’on se plairait à retrouver dans un autre roman de l’auteur.

 

Un premier essai concluant donc ! Gageons que nous puissions dans un avenir pas trop lointain découvrir les autres œuvres de cet écrivain québéquois.

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Published by La petite souris - dans auteurs québéquois

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